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Wynne jure que son gouvernement écoute tout le monde

La première ministre ontarienne Kathleen Wynne. Archives

TORONTO – La première ministre de l’Ontario continue d’être dans l’eau chaude suite aux révélations concernant le financement de son parti. Kathleen Wynne a répété, toute la semaine, que son gouvernement ne favorise pas les riches gens d’affaires prêts à payer des milliers de dollars pour rencontrer les élus

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Les ministres vedettes du gouvernement Wynne auraient à récolter jusqu’à 500000$ par année en dons électoraux, révélait cette semaine le Toronto Star. Dans la même lignée, les repas-bénéfice du parti attirent de nombreux individus qui obtiennent, en échange de leurs dons, des rencontres avec les élus, selon les informations divulguées.

Même si la Chambre ne siégeait pas cette semaine, la première ministre a été forcée de répondre à un mur de questions sur le sujet. En conférence de presse, vendredi 1er avril, Mme Wynne a soutenu que tous pouvaient rencontrer les membres de son gouvernement. Elle a nié les apparences de conflits d’intérêts.

«J’ai passé des milliers d’heures à rencontrer des groupes communautaires», a-t-elle lancé. Elle a cité, en exemple, le cas des activistes contre la pauvreté qui ont pu la rencontrer sans débourser un seul sou. Ils ont malgré tout influencé le gouvernement sur la question de l’augmentation du salaire minimum, a-t-elle ajouté.

Au contraire, elle a indiqué que d’autres groupes qui peuvent contribuer à la caisse électorale du parti n’ont souvent pas gain de cause. Le Toronto Star a notamment révélé que les brasseurs de bières ontariens, le Beer Store et les syndicats avaient donné au moins 275000$ au Parti libéral en 2013 et 2014. «On a fait exactement l’opposé de ce que les grands brasseurs voulaient», a répliqué Mme Wynne.

Encore vendredi 1er avril, la première ministre a refusé de divulguer le montant devant être récolté par ses principaux ministres. Même si elle en est la chef, Mme Wynne a invité les journalistes à contacter les bureaux du Parti libéral de l’Ontario pour obtenir des réponses.

«Tout le monde a accès aux ministres du gouvernement Wynne», a ajouté la première ministre. «On construit l’Ontario pour le 21e siècle et ça prend toutes les voix et tous les secteurs», selon elle.

Changement de règles

Il demeure que les règles en matière de financement politique vont changer. La première ministre ontarienne propose d’imposer un maximum au montant des dons politiques, de limiter les dons des syndicats et des compagnies et de mieux encadrer les dons des tierces parties.

Ces changements devraient être en place avant les prochaines élections de 2018. On peut donc croire qu’il ne sera plus possible pour un citoyen, une entreprise ou un syndicat de donner annuellement jusqu’à 9775$ à un parti, sans compter les autres montants pouvant être versés pendant une campagne électorale ou à des candidats. Des montants élevés considérant qu’au niveau fédéral, une contribution ne peut s’élever au-dessus de 1525$ par citoyen, par parti.

Au Québec, les règles ont été complètement changées après que la Commission Charbonneau se soit penchée sur la question. Les informations selon lesquelles les ministres devaient récolter 100000$ avaient fait grand bruit. Aujourd’hui, le plafond des contributions individuelles a été baissé et le financement public a été augmenté.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.