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Passage à Ottawa sous le signe de l’économie pour Harper

L'ancien premier ministre, Stephen Harper. Archives

OTTAWA – Stephen Harper avait choisi Ottawa, lundi 31 août, pour sa première visite de la cinquième semaine de campagne. Le temps pour lui de se poser de nouveau en champion de la lutte contre le déficit budgétaire.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

Et le premier ministre sortant n’a pas manqué de s’en prendre au chef libéral, Justin Trudeau, et sa proposition récente de repousser à 2019 l’équilibre budgétaire. «Justin a dit qu’il ne voulait pas combattre les déficits, parce qu’ils sont une bonne chose (selon lui). Nous ne pouvons pas nous permettre de changer nos plans chaque semaine.»

L’occasion aussi pour M. Harper d’écorcher le Nouveau Parti démocratique (NPD) et les libéraux en même temps: «Ils ont besoin de beaucoup d’argent pour payer leurs promesses, mais ils mènent le pays au déficit (…) L’argent ne pousse pas dans les arbres. Il vient de la classe moyenne.»

Devant ses partisans réunis à l’Hôtel Detla et pendant une demi-heure, M. Harper a surtout tenu à mettre en valeur les réalisations du gouvernement conservateur, rappelant le surplus de 5 milliards $, affiché en avril. «Les taxes sont maintenant les plus basses depuis 50 ans (…) La famille moyenne a 6 000$ en plus dans ses poches.»

Le rappel de M. Harper de sa lutte contre les déficits à ce moment n’est pas un hasard. Demain mardi, Statistique Canada publiera des données lesquelles pourraient confirmer que le Canada entrera en récession. La raison? Le pays enregistrerait pour le second trimestre consécutif une contraction du produit intérieur brut (PIB).

Des données dès lors gênantes pour M. Harper qui, interrogé sur le sujet, n’a pas souhaité donné sa définition d’une récession: «Je pense que c’est plus important de décrire la réalité de la situation que d’avoir des labels.»

Le premier ministre a malgré tout reconnu la fragilité du secteur énergétique, miné par la baisse du prix du pétrole: «Nous avons une contraction qui se produit presque exclusivement dans un secteur de l’économie canadienne, soit le secteur énergétique. On voit que l’économie croit dans environ 80 % des secteurs.»

 

Difficultés à Ottawa

De son passage eu centre-ville d’Ottawa, M. Harper a profité de son allocution pour brièvement appuyé Damian Konstantinakos, candidat dans Ottawa-Centre. Une visite sans doute vaine puisque le député néodémocrate sortant, Paul Dewar, semble promis à conserver sa circonscription. Reste que les candidats conservateurs ne sont pas forcément au mieux dans les territoires d’Ottawa.

Le parti bleu pourrait même perdre trois comtés dans la capitale et ses alentours. À commencer par Orléans. Selon ThreeHundredEight.com, un site internet reconnu pour l’exactitude de ses prédictions électorales, l’élu conservateur sortant, Royal Galipeau, serait à la traîne face au candidat libéral, Andrew Leslie.

Le site Web, qui base ses prédictions sur un ensemble de sondages tenus en province, croit que le candidat libéral a 86% des chances de l’emporter. Ainsi, Andrew Leslie récolterait 49,7% des suffrages contre 30,6% pour M. Galipeau.

Le comté d’Ottawa West-Nepean pourrait lui aussi passer aux mains des adversaires. Selon le même site, les troupes libérales, emmenées par la candidate Anita Vandenbeld, auraient 75% de chances de gagner le fief de l’ancien ministre, John Baird.

Dans l’Est ontarien à Glengarry-Prescott-Russell, le conservateur Pierre Lemieux se retrouve lui aussi distancé dans les sondages. Le libéral Francis Drouin est maintenant crédité de 53% de chances de victoires.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org