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Visibilité panaméricaine pour le fait français en Ontario

Le Commissariat aux services en français de l'Ontario a installé un kiosque en plein cœur des célébrations des PanAm au square Nathan Phillips, devant l'hôtel de ville de Toronto. (Photo: Étienne Fortin-Gauthier)

TORONTO – Le fait français en Ontario a obtenu une visibilité sans égale auprès de dizaine de milliers de personnes de partout en Amérique tout au long des Jeux Panaméricains de Toronto. La langue française est bien sûr entendue quotidiennement sur les différents sites des compétitions, mais plusieurs autres organisations ont tenu à en faire davantage. Elles considèrent que le rendez-vous sportif des Amériques est une occasion exceptionnelle pour faire briller la langue de Molière.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
Collaborateur spécial
@etiennefg

Le Commissariat aux services en français de l’Ontario a ainsi développé une stratégie afin de promouvoir auprès des visiteurs la vitalité de la francophonie ontarienne. L’organisme a installé un kiosque en plein cœur des célébrations au square Nathan Phillips, devant l’hôtel de ville, où il a fait découvrir la réalité des Franco-Ontariens tout au long des Jeux.

«Il y a beaucoup de gens de partout en Amérique. Les gens sont curieux de savoir combien il y a de francophones en Ontario. Plusieurs sont surpris d’apprendre qu’il y en a 600 000. Nous constatons que les visiteurs sont très intéressés et ouvert à en savoir plus sur cette réalité», fait valoir à #ONfr, Marta Dolecki, enquêteuse du Commissariat aux services en français de l’Ontario.

Les visiteurs peuvent en apprendre davantage sur le profil des Franco-Ontariens, mais aussi sur les régions où ils habitent en majorité et le concept des couples exogames (un parent ayant une langue autre que le français). Il ne faut pas s’étonner de voir un panneau en anglais devant le kiosque, alors que l’objectif de la campagne de promotion est notamment de faire découvrir le fait français à des gens qui n’ont pas une maîtrise de la langue française, explique Mme Dolecki.

Marta Dolecki a néanmoins été agréablement surprise de constater que plusieurs visiteurs parlent français. «Il y a beaucoup de francophiles, dont plusieurs Torontois. C’est impressionnant la connaissance du français de plusieurs personnes. Nous constatons aussi qu’il y a des citoyens de partout en Amérique qui parlent français et qui aiment le pratiquer», dit-elle.

Cette présence du Commissariat constitue le prolongement du protocole d’entente signée entre les organisateurs des Jeux et l’organisme ontarien, de même que son équivalent fédéral, le Commissariat aux langues officielles du Canada. Ce dernier assure aussi une permanence sur la grande place face à l’hôtel de ville de Toronto.

«En étant déployé ici, nous avons aussi une vocation d’éducation. Nous parlons des services du Commissariat et nous faisons comprendre aux gens qu’il est possible de faire une plainte si certains services ne sont pas offerts en français. Nous informons les gens sur la protection des droits linguistiques», explique Ayten Vural, stagiaire du Commissariat aux services en français de l’Ontario, qui est présente presque quotidiennement au kiosque.

Le Commissariat se dit satisfait de la place laissée au français pendant les Jeux. Certains de ses employés ont néanmoins débuté une série de «visites éclaires» sur les différents sites des PanAm, afin de s’assurer de la qualité des services offerts et de la place laissée au français dans l’affichage. Après dix jours de PanAm, le Commissariat ne rapportait qu’une seule plainte. Elle concerne la traduction déficiente d’une portion des billets de la cérémonie d’ouverture, a-t-on confirmé à #ONfr.

 

Artistes francophones

Les visiteurs de partout en Amérique ont aussi pu découvrir tout au long des Jeux le talent d’artistes francophones d’ici, dont bon nombre de Franco-Ontariens. La Franco-Fête, le festival francophone torontois, a pris du coffre grâce aux sommes accordées par les organisateurs des Jeux Panaméricains et le gouvernement ontarien dans le cadre du 400e anniversaire de la présence francophone dans la province.

Le directeur artistique de la Franco-Fête, Laurent Vandeputte, affirme que les artistes francophones ont eu la chance de profiter d’une vitrine extraordinaire.

«En déménageant (au square Yonge-Dundas), nous voulions frapper un grand coup et toucher le plus de publics différents. Notre événement aura réussi à attirer les francophones, mais aussi des gens de partout en Amérique. Nous avons eu beaucoup plus de rayonnement qu’auparavant. Nos chiffres actuelles font état de 40 000 passages par jour. Nous avons vu beaucoup de gens provenant d’Amérique latine venir à plusieurs spectacles. Ce n’est pas si étonnant, considérant que nous avons les mêmes racines latines et qu’ils ont aussi le français à cœur», a confié l’organisateur du festival annuel.

Céleste Lévis, Gabrielle Goulet, Mélanie Brûlée, Cindy Doire, Swing et les Chiclettes ne sont que quelques-uns des artistes de l’Ontario français a avoir foulé la scène de la Franco-Fête. Le directeur artistique de l’événement est très fier d’avoir pu permettre à tous ces talents d’avoir une visibilité auprès d’un public de partout sur le continent.

«Les artistes se trouvent choyés et affirment que c’est très valorisant de performer devant de telles foules. Je crois que plusieurs sont surpris de voir l’emplacement du festival sur cette grande place au cœur du Canada. Et le public répond très bien. On a même vu plusieurs anglophones quitter le site avec un album en français après les spectacles», a indiqué M. Vandeputte.

On trouve aussi sur le site de la Franco-Fête un kiosque dédié aux 400 ans de la présence francophone en Ontario. Les visiteurs peuvent se familiariser avec l’histoire du fait français dans la province et assister à des ateliers.

Il ne serait pas surprenant de revoir la Franco-Fête au square Yonge-Dundas l’an prochain, selon les dires du directeur artistique du rendez-vous culturel. Il espère aussi que le volet «régional» de la Franco-Fête se poursuivra aussi avec la présentation de spectacles dans d’autres secteurs de Toronto.

 

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le Réseau francophone d’Amérique, La Voix de l’Est et La Presse Canadienne.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.