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Université franco-ontarienne: l’ultime rapport donnerait le feu vert

[EXCLUSIF]
TORONTO – Le ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Reza Moridi, aurait sous les yeux depuis la mi-mars l’ultime rapport d’un comité consultatif qui recommande le «démarrage» d’une université de langue française dans la région du centre et du sud-ouest de l’Ontario, a appris #ONfr.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Dans une note d’information, obtenue en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, le comité consultatif de Queen’s Park sur l’éducation postsecondaire de langue française dans le centre et le sud-ouest de la province recommande à M. Moridi d’accorder un «financement de démarrage pour une université de langue française» dans le corridor Toronto-Windsor.

On ignore pour l’instant le fin détail de la recommandation, le ministère de M. Moridi ayant lourdement censuré la note d’information du 9 novembre 2015 pour des motifs de protection de «conseils au gouvernement» avant de la donner à #ONfr.

Plusieurs sources laissent entendre que la recommandation de la note d’information est conforme à celle du rapport final du groupe de travail d’une dizaine d’experts et d’étudiants qui a été remis au ministre de l’Enseignement supérieur, à la mi-mars.

Le comité consultatif sur l’éducation postsecondaire de langue française dans le centre et le sud-ouest de l’Ontario recommande aussi la «consolidation» du collège Boréal à Toronto, c’est-à-dire l’intégration de ses locaux à ceux d’une future université francophone.

Le ministre Reza Moridi n’était pas à Queen’s Park, mercredi 20 avril. Son bureau a dit «ne pas vouloir spéculer» sur les conclusions du rapport mais s’est engagé à rendre le document public «d’ici la mi-juin», soit possiblement après la fin de la session parlementaire.

«Nous étudions avec soin les options pour améliorer la gouvernance et l’accès à l’éducation de niveau universitaire pour la communauté francophone. Cela dit, nous reconnaissons aussi les efforts déployés par nos établissements postsecondaires de langue française et bilingues existants pour offrir des programmes et des services de qualité en français», a fait valoir Zak Paget, du bureau du ministre de l’Enseignement supérieur, dans un échange de courriels avec #ONfr.

Les libéraux de Kathleen Wynne avaient mis sur pied cet ultime comité consultatif au début de 2014 pour les guider vers une bonification de l’offre de programmes d’études postsecondaire en français dans le centre et le sud-ouest de la province, alors qu’un rapport d’experts et un rapport du commissaire aux services en français, François Boileau, signalaient déjà une urgence d’agir dans cette région largement sous-desservie.

Le parti au pouvoir à Queen’s Park a souvent dit attendre les conclusions de son comité consultatif sur l’éducation postsecondaire de langue française dans le centre et le sud-ouest de la province avant de s’engager plus loin sur le chemin d’une université franco-ontarienne.

 

«Qu’est-ce qu’on attend?»

Parallèlement, à la suite d’États généraux en 2013 et 2014, un mouvement pour la création d’une nouvelle université «par et pour» les francophones de l’Ontario a pris de la vitesse et le projet s’est mis à récolter des appuis politiques.

«Wow! Les libéraux sont assis (sur ce rapport) et ne font rien. Qu’est-ce qu’on attend? Le rapport doit être rendu public et il faut commencer le travail», a exhorté à #ONfr la députée néo-démocrate France Gélinas, qui a elle-même déposé un projet de loi privé, l’an dernier, pour accélérer la création d’une université franco-ontarienne. «Ce ne sont que de petites sommes d’argent dont nous avons besoin pour commencer. Ça peut se faire à même le budget existant.»

L’élue de Nickel Belt déplore qu’il faille «toujours monter le ton» pour que les dossiers francophones avancent à Queen’s Park. Il faut maintenir la pression, dit-elle.

«Le gouvernement demande toujours plus de temps. C’est peut-être un signe qu’il n’appuie pas vraiment le projet. Dans le budget, il n’y a aucune référence à cette université», a déploré à son tour le chef progressiste-conservateur Patrick Brown à #ONfr. «C’est facile pour le gouvernement de dire qu’il va appuyer le projet dans l’avenir. Mais il faut appuyer le projet maintenant. C’est important.»

Le chef de l’opposition, qui appuie le projet d’université franco-ontarienne, affirme que les affaires francophones ne sont «pas une priorité» du gouvernement libéral.

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), qui mène la charge avec plusieurs autres organismes pour la création d’une université «par et pour» les francophones de la province, se réjouit de la recommandation préliminaire du comité consultatif et souhaite la publication du rapport final le plus tôt possible.

«C’est une bonne nouvelle», a réagi Alain Dupuis, directeur général du RÉFO, à #ONfr. «Lors des États généraux sur le postsecondaire, la communauté a clairement dit qu’elle souhaitait la création d’une nouvelle université de langue française et l’amélioration de l’offre des programmes d’études postsecondaires en français dans le centre et le sud-ouest de la province. Nous sommes heureux que le comité consultatif en soit venu à la même conclusion.»

Le RÉFO voit aussi d’un bon œil une «consolidation» du collège Boréal à Toronto et verrait bien l’établissement partager des installations avec une future université franco-ontarienne.

«C’est un beau projet», affirme M. Dupuis.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org