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Université d’Ottawa: controverse après une publication sur les Franco-Ontariens

L'image montre une capture écran Facebook de l'invitation événementielle de la délégation.
Crédit image: photomontage #ONfr

OTTAWA – Maladresse? Oppression? Manque de tact? Les réactions des Franco-Ontariens ont fusé sur les médias sociaux à partir de mercredi 8 novembre en soirée après la mise en ligne d’une publication d’un groupe étudiant sur Facebook.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

La délégation de l’Université d’Ottawa pour les Jeux de la communication avait dans l’après-midi lancé une invitation événementielle pour le 17 novembre intitulée Pleurons l’absence du pays mais célébrons la fête de Claudelle. Une invitation destinée à la campagne de financement en vue des prochains Jeux de la communication. Le groupe choisissait cette fois-ci Gatineau au lieu d’Ottawa comme lieu de rencontre, sans spécifier l’endroit exact.

Sauf que le groupe de plus de 1 000 suiveurs sur Facebook a usé d’un humour particulier pour son message. «Pas besoin de ton passeport, pas besoin d’aller faire changer ton argent québécois en argent ontarien et surtout pas besoin de de traverser la frontière ontarienne (…) Après 21 éditions de jeux, Ottawa a enfin compris que vous ne voulez rien savoir d’être franco-ontariens.»

.image montre L'invitation événementiel lancé sur Facebook par la délégation.
L’invitation événementielle lancée sur Facebook par la délégation. Capture écran Facebook. 

L’invitation «Pré-Jeux Ottawa» comportait aussi un drapeau franco-ontarien barré d’une croix rouge. Pour certains, comme l’activiste franco-ontarien Mathieu Fortin, ou encore Patrik Pharand, la blague était manifestement de trop. Les deux ont immédiatement partagé la publication mercredi soir sur Facebook en guise d’indignation. Devant le tollé suscité, la délégation a alors rapidement supprimé l’invitation.

«Quand j’ai vu le drapeau franco-ontarien avec une croix rouge, ça m’a enragé», soutient M. Pharand à #ONfr. «On peut bien dire que c’est une inside, ça ne devrait pas être partagé comme moyen de communication. C’est un coup raté», poursuit ce résident d’Ottawa, originaire de North Bay.

 

«Je me suis senti trahi»

Vincent Poirier a été l’un d’un des premiers à réagir. L’animateur franco-ontarien d’Improtéine, lui aussi sur cette même délégation pour les Jeux de la communication au début des années 2000, n’est pas franchement content. «Il ne faut pas trop y accorder d’importance, même si c’est une blague de mauvais goût. Ils donnent l’impression que l’Ontario est plate, mais aussi, ils nous rabaissent. Peut-être que la délégation est plus formée d’étudiants québécois, mais avec cette blague, je me suis senti trahi.»

Et de trancher: «C’est drôle que ce soit des étudiants en communication qui font ces erreurs!»

 

Les excuses de la délégation

En attendant, la délégation a publié un communiqué d’excuses, jeudi en fin de matinée.

«En aucun cas, notre intention fut de porter atteinte au droit et à l’intégrité des Franco-Ontariens et nous admettons avoir manqué de jugement dans notre humour qui, nous le concevons, fut très discutable dans ce cas-ci.»

«Nous avons fait preuve de grande maladresse avec notre événement Facebook qui a d’ailleurs été supprimé depuis», reconnaît la délégation.

Sur le média social, rares étaient les messages de soutien à la délégation. «Cette année, on a trois chefs particulièrement extraordinaires qui, dans une tentative maladroite d’inciter plus d’étudiants d’universités québécoises à participer à notre pré-Jeux, ont blessé plusieurs personnes», écrivait quand même l’un des étudiants.

Au moment de mettre ces informations sous presse, la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) n’avait pas retourné encore nos demandes d’entrevue.

Les 22e Jeux de la communication rassembleront huit universités de l’Est du Canada du 7 au 11 mars prochain à Québec.

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.