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Hausse drastique du nombre de décès liés aux opioïdes en Ontario

Le ministre de la Santé et des Soins de longue durée, Éric Hoskins. Crédit image: Maxime Delaquis

TORONTO – L’Ontario a recensé une hausse de 68 % du nombre de décès liés aux opioïdes entre mai et juillet 2017 par rapport à l’année précédente. Face à la crise, le gouvernement propose une série de mesures, dont l’acquisition d’un plus grand nombre de trousses de naloxone, un antidote utilisé en cas de surdose.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Le gouvernement a pris la décision de doter les policiers et les pompiers de la province de trousses de naloxone, un médicament pouvant contrer temporairement une surdose d’opioïdes.

En conférence de presse, le ministre de la Santé et des Soins de longue durée, Éric Hoskins, n’a pas caché la gravité de la situation.

«Chaque perte de vie est évitable et, en tant que ministre de la Santé, je ne peux pas rester insensible», a-t-il dit.

L’Ontario a dénombré 336 décès reliés aux opioïdes entre mai et juillet 2017, comparativement à 201 au cours de la même période en 2016.

De juillet à septembre 2017, il y a eu 2 449 visites reliées à des surdoses d’opioïdes dans les urgences des hôpitaux, comparativement à 1 896 au cours des trois mois précédents, ce qui représente une hausse de 29 %. Par rapport à un an auparavant, cela représente une hausse supérieure à 100 %.

Le ministre de la Santé et des Soins de longue durée, Éric Hoskins et la ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Marie-France Lalonde. Crédit image: Jean-François Morissette

Selon le ministre Hoskins, les données montrent qu’il est important d’augmenter les mesures pour faire face à la situation, qu’il qualifie de «grave» et «sérieuse».

«Quand nous regardons ces données, nous ne pouvons pas oublier que chaque chiffre équivaut à une personne», a-t-il commenté.


«Le statu quo n’est plus une option acceptable» – Eric Hoskins


La ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Marie-France Lalonde, s’est montrée confiante que l’accès à des trousses de naloxone puisse faire une différence.

«Ces chiffres nous rappellent qu’il y a 336 histoires de vies perdues et des familles dévastées», a-t-elle lancé.

Pour sa part, Jeff Yurek, critique du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario en matière de santé, a salué l’action posée par le gouvernement. Il déplore toutefois qu’il ait fallu des mois à l’Ontario pour agir de la sorte.

 

Des centres de prévention des surdoses

Le gouvernement ontarien a également annoncé la mise sur pied de centres de prévention des surdoses. Ces centres permettront d’offrir des services de santé afin d’aider à diminuer le nombre de décès dus à des surdoses.

La mise sur pied de centres de prévention des surdoses sera faite avec une exemption fédérale, ce qui protégera les intervenants contre des poursuites criminelles.

«Des centres de prévention des surdoses, comme celui qui se trouve à Moses Park, dans la région de Toronto, mérite notre support», a indiqué le ministre Hoskins.

M. Hoskins estime qu’il est important que le gouvernement pose des gestes pour agir le plus rapidement possible et la mise sur pied de ces centres en est un exemple, assure-t-il.

L’Ontario est la première province à faire une demande du type à Ottawa, note d’ailleurs le ministre Hoskins.

 

Du fentanyl mélangé à de la cocaïne

Dr Dirk Huyer, coroner en chef de l’Ontario, fait remarquer que dans plusieurs cas de surdoses accidentelles, des traces de cocaïne avaient été trouvées dans le fentanyl.

«C’est difficile de dire pourquoi ces types de mélange existent, ces personnes ont-elles fait le mélange elles-mêmes ou est-ce qu’elles ont acheté du fentanyl contaminé? Nous ne pouvons le savoir en ce moment», a-t-il indiqué.

«Ce que nous savons c’est que dans plus en plus d’échantillons testés par Santé Canada, nous retrouvons ces traces», a ajouté le Dr Huyer.

Il n’a toutefois pas voulu spéculer si la hausse constatée en 2017 allait se transformer en tendance pour l’année.

Environ 75 % des victimes sont des hommes, dont la moyenne d’âge est de 41 ans.

Au cours des trois prochaines années, l’Ontario devrait investir plus de 222 millions de dollars pour lutter contre la crise des opioïdes.

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
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