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Un nouveau départ pour la Maison de la francophonie d’Ottawa

La projection du bâtiment lors de sa probable ouverture dans quelques mois ou années.Archives

OTTAWA – La Maison de la francophonie d’Ottawa cherche un second souffle. En proie à de nombreux retards quant à l’ouverture, le conseil d’administration de l’édifice annonce transférer la gestion de la propriété, située sur le chemin Richmond, au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO).

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Une stratégie nouvelle devant à court terme faciliter des demandes de financement. La raison: la «participation scolaire» du CEPEO pourrait être un atout précieux. C’est en tout cas le pari que le président de la Maison de la francophonie, Ronald Bisson, a clarifié devant les médias, le lundi 17 octobre.

«La première ministre, Kathleen Wynne, a récemment annoncé un fonds de 50 millions de dollars pour les carrefours communautaires exigeant cette participation scolaire. Cette annonce nous a décidés à nous allier au CEPEO.»

M. Bisson voit cela comme une entente dans laquelle le CEPEO s’occuperait des «briques et du mortier», tandis que le conseil d’administration de la Maison de la francophonie gérerait le «volet communautaire».

L’urgence est aujourd’hui financière pour la Maison de la francophonie qui cumule les retards depuis le lancement du projet en 1999. L’ouverture ne se fera pas en 2016, comme envisagée initialement, malgré une première pelletée de terre symbolique en juin 2015. La raison: les pépins rencontrés pour la rénovation du bâtiment.

La découverte récente d’amiante dans l’édifice, conjuguée à des «problèmes de structures et d’infrastructures», continuent de faire gonfler le coût de la Maison de la francophonie.

Si la province de l’Ontario a bien injecté 4,2 millions de dollars pour une première phase, ce sont aujourd’hui 7 millions de dollars qui sont encore attendus pour compléter la phase 2 (mise en place d’un gymnase), mais aussi pallier le dépassement des coûts.

Les membres du conseil d’administration avouent ne pas avoir des cibles précises avec les différents paliers gouvernementaux sur les sommes escomptées.

 

Pas de date pour l’ouverture

Toujours est-il qu’il n’y a plus de date fixée pour l’ouverture de la Maison de la francophonie. «En ce moment, nous n’avons pas ce besoin», précise M. Bisson.

La bâtisse, l’ancienne école Grant, est passée dans les mains de l’Ottawa-Carleton District School Board, puis de la Ville d’Ottawa à partir de 2010, avant d’être finalement donnée aux militants francophones.

Pour le CEPEO, cette acquisition a plusieurs avantages, estime la présidente Linda Savard. «Nous constatons un manque d’espaces dans nos écoles et nos locaux. Par exemple, pour donner des cours aux adultes, cela permettrait que les élèves viennent directement ici au lieu de se rendre sur le boulevard St-Laurent (lieu de l’École des adultes Le Carrefour). C’est pour nous l’occasion d’avoir des places additionnelles.»

Plusieurs organismes ont depuis longtemps confirmé leur intention de s’établir dans les locaux. Parmi eux: La Cité, le Centre soleil d’Ottawa-Ouest, la Coopérative Ami Jeunesse, ou encore le Centre communautaire Franc-Ouest.

«Leur engagement à rejoindre la Maison de la francophonie est toujours là», souligne Andrée Duschesne, membre du conseil d’administration.

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.