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Un hôpital désigné pourrait fermer ses portes

L'hôpital de Penetanguishene est menacé de fermeture même s'il est désigné partiellement en vertu de la Loi sur les services en français de l'Ontario. (Photo: WIkiCommons)

TORONTO – Une menace de fermeture plane sur un hôpital partiellement désigné en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario. Le campus de l’Hôpital général de la baie Georgienne (HGBG) à Penetanguishene pourrait fermer ses portes en 2016, le résultat d’une restructuration.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Les patients de la petite localité au quart francophone à l’extrémité nord du comté de Simcoe seraient alors dirigés vers l’autre campus de l’HGBG, à Midland, qui n’est cependant pas désigné en vertu de la Loi 8.

La direction de l’HGBG tente ainsi d’abattre un déficit structurel de 1,7 million $. Bien que la fermeture complète n’est prévue que dans deux ans, l’organisation pourrait tout de même déménager 36 des 47 lits de Penetanguishene vers Midland d’ici la fin de l’année.

Le Commissariat aux services en français de l’Ontario mène une enquête sur la fermeture annoncée de l’hôpital de Penetanguishene.

«La désignation d’un organisme, même partielle, témoigne d’un engagement et d’une reconnaissance officielle de sa capacité d’offrir des services en français», a déclaré le commissaire, Me François Boileau, dans un communiqué. «La désignation est accordée à l’issue d’un processus complexe et rigoureux, et tout changement de statut, y compris et surtout sa révocation, devrait être effectué avec la même rigueur».

Le commissaire demande à la province de trouver une solution qui respecte «l’esprit et la lettre» de la Loi sur les services en français.

Demande de garanties

«J’ai clairement fait savoir à l’HGBG et au RLISS qu’ils ont une obligation légale de continuer à offrir des services en français à un endroit qui est approprié et accessible pour la population locale», a indiqué le Dr Eric Hoskins, ministre de la Santé et des Soins de longue durée, à #ONfr. «Je ne permettrai pas la fermeture de l’hôpital sans avoir obtenu de telles garanties au préalable».

Le Dr Hoskins dit «accueillir favorablement» l’implication du commissaire aux services en français dans le dossier.

L’opposition à Queen’s Park y voit un problème de sous-financement.

«Le gouvernement n’a pas fourni l’argent nécessaire pour faire fonctionner l’hôpital. Il y a un manque à gagner. La seule option est de le fermer», s’est désolé Garfield Dunlop, député progressiste-conservateur de Simcoe-Nord, où se trouve l’hôpital menacé de fermeture. «À moins que le gouvernement n’octroie le financement nécessaire, il n’y a pas d’autre issue».

«Nous en avons vu d’autres, des cas comme celui-ci. Je ne veux pas qu’on finisse par dire aux gens de Penetanguishene qu’ils peuvent aller à Sudbury pour leurs services en français. Il faut que ces services soient accessibles», a insisté France Gélinas, critique néo-démocrate en matière de Santé et d’Affaires francophones.

Mme Gélinas accuse les libéraux d’en faire le moins possible pour assurer la pérennité des services de santé en français dans la région de Simcoe.

«Les services en français, c’est toujours du bout de lèvres», a déploré l’élue de Nickel Belt, dans la région de Sudbury. «Le français n’est ni apprécié, ni promu. Il est toléré».

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org