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Trudeau se mêle de l’élection partielle dans Whitby-Oshawa

Le premier ministre canadien Justin Trudeau et son homologue ontarienne Kathleen Wynne ont pris part à un rassemblement partisan dans Whitby-Oshawa avec, à gauche, la candidate libérale Elizabeth Roy, et à droite, le ministre Steven Del Duca. Étienne Fortin-Gauthier

https://www.youtube.com/watch?v=SamRSjQikoo&feature=youtu.be
WHITBY – Le premier ministre canadien Justin Trudeau s’est mêlé de l’élection partielle ontarienne dans Whitby-Oshawa, mardi 9 février, en prenant part à un rassemblement partisan en compagnie de son homologue provinciale Kathleen Wynne. Un coup d’éclat hors de l’ordinaire et vivement dénoncé par l’opposition.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

À deux jours d’un scrutin qui s’annonce possiblement serré, Justin Trudeau a donné un appui sans équivoque à la candidate libérale ontarienne Elizabeth Roy, qui tente de ravir aux progressistes-conservateurs à Queen’s Park un de leurs rares bastions de la banlieue de Toronto. «Vous voulez avoir une voix forte», a-t-il demandé à une foule conquise d’avance. «Laissez-moi vous dire quelque-chose, mes amis. Liz Roy sera cette voix», a-t-il martelé. «Elle sera un atout inestimable à l’équipe de la première ministre Wynne».

L’incursion d’un premier ministre fédéral dans une campagne provinciale n’est pas chose commune. Plusieurs observateurs décrivent le geste comme un «retour d’ascenseur» à l’endroit de Kathleen Wynne, qui avait fait campagne pour le chef libéral fédéral lors du dernier scrutin.

Justin Trudeau a consacré une bonne part de son discours à vanter les réalisations de son homologue provinciale. «Kathleen et moi partageons la même vision de ce que l’Ontario peut être. Nous comprenons tous les deux que pour faire avancer une province, il faut un solide partenariat à la fois avec le gouvernement fédéral et avec les municipalités», a-t-il déclaré. «Après une décennie d’indifférence, voire de négligence, l’Ontario a maintenant un partenaire dévoué à Ottawa», a-t-il décoché à son prédécesseur, le conservateur Stephen Harper, souvent à couteaux tirés avec Queen’s Park.

Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown a pour sa part dénoncé la visite du premier ministre canadien dans Whitby-Oshawa. Il s’agit, selon lui, d’une «distraction» dans cette campagne à deux jours du scrutin du 11 février.

 

Une part de français

Après avoir salué la foule, M. Trudeau a débuté son discours en français. Il  a aussi fait l’éloge de la première ministre ontarienne presque tout en français.

L’offre de services en français est un enjeu électoral dans Whitby-Oshawa, alors que la minorité francophone de l’endroit cherche depuis 2009 à obtenir la désignation de la Ville d’Oshawa en vertu de Loi sur les services en français de l’Ontario.

La première ministre Kathleen Wynne et sa candidate Elizabeth Roy ont donné leur appui à une désignation «discrétionnaire» qui garantirait des services provinciaux aux francophones d’Oshawa et des alentours même s’ils ne sont pas suffisamment nombreux au sens de la loi. Mais le clan libéral à Queen’s Park n’ira pas plus loin tant que la communauté francophone n’aura pas rallié tous les élus locaux à sa cause. Et certains élus s’opposent bec et ongles, craignant d’écoper d’une facture additionnelle.

Le candidat progressiste-conservateur Lorne Coe, qui détient la pole position dans les sondages, et la néo-démocrate Niki Lundquist ont eux aussi donné publiquement leur appui au projet de désignation d’Oshawa en vertu de la Loi 8 de 1986.

L’entourage de Mme Wynne a exercé un contrôle étroit de la presse tout au long de la visite de M. Trudeau, le 9 février. Il était interdit de filmer l’arrivée du premier ministre et sa rencontre avec des citoyens dans l’aréna municipal, notamment.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.