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Sénat: les Franco-Ontariens devront encore patienter

Réformer le Sénat conduira-t-il à revoir son rôle pour les francophones hors Québec? Gracieuseté: Sénat

OTTAWA – Le gouvernement du Canada a annoncé, le jeudi 27 octobre, la nomination de neuf nouveaux sénateurs dont le président de la Société nationale de l’Acadie (SNA), René Cormier. Les Franco-Ontariens devront encore patienter, les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, quant à eux, sont déçus. 

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Après les départs conjugués de Jean-Robert Gauthier, en 2004, et de Marie P. Charrette-Poulin, en 2015, les Franco-Ontariens ne sont toujours pas présents à la Chambre haute. Les nominations annoncées, le jeudi 27 octobre, ne rassureront pas la communauté franco-ontarienne, même si le gouvernement fédéral indique que plusieurs autres annonces devraient intervenir dans les prochains jours pour combler les douze sièges vacants au Sénat, soit six pour l’Ontario et six pour le Québec.

Les francophones en milieu minoritaire pourront toutefois déjà apprécier l’annonce de la nomination de M. Cormier à titre de sénateur.

«Monsieur Cormier a une longue expérience du milieu communautaire acadien, et connaît donc parfaitement la réalité et les défis de la vie en situation linguistique minoritaire», a notamment souligné Cyrilda Poirier, la présidente de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL). «C’est définitivement une très bonne nouvelle pour l’Acadie tout entière, et pour la francophonie canadienne en général, que d’apprendre que nous aurons ainsi un tel allié sur la colline.»

René Cormier

Les Franco-Ontariens auront les yeux rivés sur la prochaine annonce, tout comme la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada qui invite le gouvernement à ne pas oublier la communauté franco-ontarienne.

«Je tiens tout d’abord à féliciter René Cormier pour sa nomination au Sénat. L’Acadie et l’ensemble de nos communautés gagnent un ambassadeur de taille à la Chambre haute, et je sais qu’il remplira ses fonctions avec la passion de la francophonie qu’on lui connaît. (…) Sachant que d’autres nominations doivent prochainement avoir lieu pour combler les sièges vacants en Ontario, la FCFA en profite pour rappeler l’importance de nommer au moins un sénateur franco-ontarien ou une sénatrice franco-ontarienne, dans la lignée de Jean-Robert Gauthier et de Marie Poulin», déclare la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier, dans un communiqué.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Denis Vaillancourt, rappelle qu’historiquement, l’Ontario français a toujours compté au moins deux représentants de sa communauté au Sénat.

«Nous sommes toujours en attente, mais il est certain que nous espérons la nomination d’au moins deux sénateurs franco-ontariens quand le gouvernement annoncera les nominations pour l’Ontario. Nous savons que lors de la première ronde, quand les organismes pouvaient encore soumettre des noms, il y avait des Franco-Ontariens de qualité que nous avions appuyés. Maintenant que les candidatures sont volontaires, nous ne pouvons pas être certains de qui a présenté sa candidature, mais je suis certain qu’il y a, parmi cette liste, des Franco-Ontariens qui feraient d’excellents sénateurs. J’espère que le gouvernement en sélectionnera au moins deux, c’est le minimum car nous sommes la plus importante communauté francophone au Canada à l’extérieur du Québec.»

 

Les Acadiens de Nouvelle-Écosse oubliés

En revanche, pour les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, la déception est à la hauteur des attentes.

Joint par #ONfr, le président de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANÉ), Ghislain Boudreau, ne cache pas sa déception.

«Nous sommes ravis de la nomination de René Cormier, mais déçus de constater que pour la première fois depuis 1907, la communauté acadienne de la Nouvelle-Écosse n’aura aucun représentant à la plus haute chambre du pays. Nous savons qu’il y avait pourtant des candidats et espérions que le sénateur Gerald Comeau, qui a quitté ses fonctions en 2013, serait remplacé. Nous voulons des représentants à tous les niveaux de gouvernement et craignons que notre voix et nos droits ne soient plus entendus.»

Dans un échange de courriels, la FANÉ poursuit: «Après l’élimination des circonscriptions électorales acadiennes, les amendements diminuant de façon importante la portée de la Loi sur les services en français et les défis d’ordre financier qui menacent la survie des organismes acadiens de la Nouvelle-Écosse, la Fédération acadienne perçoit cette nouvelle comme un abandon des gouvernements envers un des peuples fondateurs du Canada.»

La FCFA se montre elle aussi déçue pour les Francophones et Acadiens de la Nouvelle-Écosse.

«Comme la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, nous sommes quelque peu déçus de ne pas voir aujourd’hui un nouveau sénateur ou une nouvelle sénatrice provenant de la communauté acadienne de cette province, qui n’est plus représentée à la Chambre haute depuis le départ du sénateur Gérald Comeau.»

 

Les autres nominations

Outre M. Cormier, le gouvernement a annoncé le jeudi 27 octobre, les nominations de Yuen Pau Woo, pour la Colombie-Britannique, Patricia Bovey, Harvey Chochinov et Marilou McPhedran, pour le Manitoba, Nancy Hartling, pour le Nouveau-Brunswick, Wanda Thomas Bernard et Daniel Christmas, pour la Nouvelle-Écosse et Diane Griffin, pour l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces nouveaux sénateurs sont les premiers choisis parmi les 2700 candidatures reçues pour combler les 21 sièges vacants de la chambre haute.

Il s’agit de la seconde vague de nomination depuis l’élection de Justin Trudeau et du Parti libéral du Canada (PLC). Le vendredi 18 mars dernier, le gouvernement avait notamment annoncé la nomination de la sénatrice franco-manitobaine, Raymonde Gagné, en remplacement de la sénatrice franco-manitobaine, Maria Chaput.

 

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.