#Francophonie, #Ontario

Site toujours unilingue pour les progressistes-conservateurs

La page d'accueil du site du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario. Crédit photo: Sébastien Pierroz

TORONTO – «Together we can win in 2018». Le slogan sur la page d’accueil du site du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario (PC de l’Ontario) se veut rassembleur à deux ans des élections provinciales. Mais les francophones ne peuvent toujours pas le consulter dans leur langue maternelle.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

«Nous sommes très conscients de la nécessité de traduire en français le site internet. C’est en cours. Nous allons le faire tôt ou tard», fait part à #ONfr, Tamara Macgregor, porte-parole du chef du parti, Patrick Brown, sans donner une date précise de la réalisation.

La responsable précise que la traduction serait effectuée par des personnes «impliquées dans la communauté», et non par une entreprise.

Lors de la campagne des élections provinciales en 2014, le PC de l’Ontario avait traduit en partie son site internet, avant de repasser à la version unilingue, une fois le scrutin terminé.

Des élections qui s’étaient soldées par une défaite cuisante pour le parti alors mené par Tim Hudak, obligeant à la nomination d’un successeur en la personne de Patrick Brown.

Capable de bien s’exprimer en français, le nouveau chef a immédiatement commencé une opération de séduction auprès des Franco-Ontariens. Au cours des derniers mois, M. Brown a soutenu entre autres le projet d’une université franco-ontarienne et s’est inquiété de la fermeture de l’Hôpital de Penetanguishene.

«On ne peut pas dire ce qui s’est passé avec la précédente administration», laisse entendre l’équipe de M. Brown. «Mais on peut assurer que Patrick Brown porte vraiment attention à la communauté francophone.»

Le site du PC de l’Ontario n’est pas un exemple unique dans la province. Au contraire du Parti libéral et du Nouveau Parti démocratique, la version internet du Parti vert n’est pas disponible dans la langue de Molière.

«Nous avons eu notre plate-forme traduite en français pour les deux dernières élections, ainsi que le matériel pour la campagne électorale, et nous avons l’intention de le faire à nouveau pour 2018. Notre souhait est de traduire autant que possible notre site web en français avant la prochaine élection», affirme t-on du côté de la formation politique de Mike Schreiner, dans un échange de courriels.

Les troupes de Patrick Brown font-elles figure de mauvais élèves au Canada? Pas tellement si l’on compare avec la représentation des conservateurs dans les autres provinces. La traduction en français n’est disponible que pour les provinces du Québec et du Nouveau-Brunswick.

 

Exemplarité des politiciens

Des sites bilingues pour les parties politiques? C’est en tout cas le souhait de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

«Il est clair que l’électorat francophone touche tous les partis politiques dans la province», explique à #ONfr, le président de l’organisme Denis Vaillancourt. «Les politiciens ont un exemple à donner dans une province qui compte le plus grand nombre de francophones en milieu minoritaire.»

En mai dernier, l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens avait rencontré les progressistes-conservateurs. L’occasion de parler de la traduction du site. «Ils ont quand même mentionné qu’ils voulaient faire des efforts, que c’était en voie de traduction. On s’attend à ce que ce soit fait prochainement.»

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.