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Santé en français: un palmarès du meilleur et du pire?

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[EXCLUSIF]
TORONTO – L’Ontario aurait avantage à se doter d’un palmarès des hôpitaux et des centres de santé qui offrent les meilleurs et les pires services en français. Voilà l’une des propositions faites au terme du premier Sommet sur l’avenir des ressources humaines de la santé en français dans la province, auquel #ONfr a eu un accès privilégié.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Sans les services en français, la qualité des soins est réduite. On veut que le français devienne un indicateur de rendement pour tous les fournisseurs de soins. Si on veut que l’offre en français s’améliore, il faut la rendre obligatoire», explique Frédéric Thibault-Chabot, directeur de l’Institut des sciences de la santé et de la vie et du CNFS au collège La Cité.

La soixantaine d’acteurs de la santé réunis les 9 et 10 février à Toronto ont développé neuf propositions originales pour améliorer la qualité des soins en santé en français dans la province. D’ici la fin mars, la plupart seront soumises au gouvernement.

«J’espère que le palmarès pourra voir le jour. Ça pourrait permettre de classer les acteurs de la santé du meilleur au pire, non pas pour les humilier, mais pour leur donner un défi. Et on pourrait ensuite aider plus efficacement ceux qui ont des problèmes», fait valoir M. Thibault-Chabot.

Les autres propositions faites au Sommet concernent autant la formation des spécialistes de la santé, la promotion des services en français qu’une meilleure répartition des ressources médicales dans la province.

Par exemple, il est proposé qu’un nouveau programme encourage financièrement les étudiants des domaines de la santé à effectuer des stages dans des régions où il y a des manquements en matière de soins en français.

Les acteurs de la santé souhaitent aussi que la formation des spécialistes de la santé aille un volet dédié à l’«offre active», ce concept selon lequel on propose d’emblée aux patients des services en français.

 

Des lacunes à corriger

Le sous-ministre de la Santé de l’Ontario, Bob Bell, a pris la parole au Sommet pour vanter la réorganisation du gouvernement dans le domaine de la santé. Il a cependant admis que l’offre aux francophones n’est pas à point. «La population franco-ontarienne n’est pas toujours bien desservie», a-t-il soutenu. «Un lien existe entre le bien-être du patient et la langue dans laquelle le soin est fourni», a-t-il ajouté.

M. Bell a indiqué que la formation des spécialistes en santé était un enjeu clé pour permettre d’offrir de meilleurs services en français. Selon lui, les services en français doivent être offerts, mais aussi être de haute qualité.

Les représentants des établissements d’enseignement, des organismes de santé, des hôpitaux et des patients présents au Sommet ont eu une occasion unique d’interpeller le sous-ministre sur différentes problématiques.

«Comment se fait-il que je puisse prendre le train avec VIA Rail et être servi en français partout au Canada, mais que je ne puisse pas être accueilli en français à l’urgence en Ontario?», a ainsi demandé une intervenante.

Un autre spécialiste de la santé a questionné le ministre sur les lacunes en matière de soins à domicile en français dans la province. Le sous-ministre Bob Bell est resté évasif dans ses réponses. «Je n’ai pas de réponse parfaite, mais c’est un concept que nous explorons», a-t-il répondu à la seconde question.

Le ministre a dit attendre avec impatience les propositions des acteurs présents au Sommet. L’événement de cette semaine était organisé par l’hôpital Montfort, qui a obtenu le mandat du gouvernement de développer des programmes de recherche et d’enseignement, mais aussi de soutenir le gouvernement pour planifier et développer les services de santé en français dans tout l’Ontario.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.