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Région de Hamilton: l’offre active en français à la loupe

Les francophones de Hamilton devant la municipalité. Courtoisie

HAMILTON – Une nouvelle impulsion pourrait être rapidement donnée pour l’offre active des services sociaux en français dans la région de Hamilton.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

Les francophones de l’endroit veulent améliorer l’offre traditionnellement donnée par les agences anglophones à titre de tierces parties en vertu de la Loi sur les services en français (Loi 8 de 1986).

Le projet mené conjointement par la direction du ministère des Services sociaux et communautaires et le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse vise deux régions désignées par la Loi 8. Celles de la Cité de Hamilton et de la Municipalité régionale de Niagara composée de Port Colborne et Welland.

Concrètement, il s’agira d’améliorer le service en français dans les hôpitaux, les centres de traitement en santé mentale, ou encore les services pour adolescents. Une tâche ardue puisque la langue de Molière résonne encore difficilement dans ces édifices. Souvent, il faut tout simplement revenir à un autre moment pour être servi en français.

«Il y a parfois un francophone sur vingt ou trente employés», explique à #ONfr Sébastien Skrobos, agent de développement à l’ACFO Régionale-Hamilton. L’organisme porte-parole des 10 000 francophones de la région métropolitaine de Hamilton agit à titre de partenaire du projet.

«Les agences ont de bonnes intentions, mais ne savent pas comment s’y prendre pour fournir le service», croit France Vaillancourt, représentante du Centre de santé communautaire pour la région de Hamilton-Niagara, l’autre organisme impliqué dans ce plan d’amélioration.

Solutions préconisées? Rapprocher les travailleurs francophones de ces agences afin de provoquer «un échange». Une réunion dans ce sens a eu lieu en février dernier. «Nous sommes maintenant dans une nouvelle phase visant à créer un réseau de professionnels francophones», laisse entendre M. Skrobos.

«Il faut éviter de travailler en silo, et mieux partager les ressources sur place (…) On ne veut pas placer une épée de Damoclès au-dessus de la tête des agences. Simplement les encourager à mieux offrir le service.»

 

Rapport

Les recommandations de cette grande consultation devraient être présentées sous forme de rapport aux différentes agences anglophones de la région le 26 février prochain.

«Dans ces agences, les francophones demandent bien souvent le service en anglais, car ils pensent que la qualité ne sera pas là en français», croit Mme Vaillancourt.

Joint par #ONfr, le ministère des Services sociaux et communautaires se montre opaque, refusant de confirmer le montant du financement alloué au projet. «La capacité d’être servi en français est parfois limitée, donc nous encourageons les agences à donner les services», fait savoir laconiquement une employée.

Une consultation semblable est aussi menée actuellement par le gouvernement de l’Ontario dans le Comté de Renfrew, à l’ouest d’Ottawa.

D’après Mme Vaillancourt, un projet du même genre serait également à l’étude dans la région de London.

La région métropolitaine de Hamilton, forte de plus de 500 000 résidents, compte une proportion de francophones de 1,4% selon le dernier recensement de Statistique Canada en 2011. À Welland dans la péninsule du Niagara, il y aurait plus de 10% de Franco-Ontariens.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org