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Quel avenir pour le «chien de garde» des services de santé en français?

La venue d’un nouveau président à la tête de l’Association médicale de l’Ontario (AMO) pourrait passablement modifier le processus de négociations entre le gouvernement et les médecins de la province. Crédit photo: utilisation autorisée

[EXCLUSIF]
TORONTO – À un mois de la fin de leur mandat, les Entités de planification des services de santé en français de l’Ontario ne savent toujours pas quel sort les attend. De nombreux employés francophones attendent impatiemment la décision du gouvernement quant à leur avenir.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Si jamais les Entités ne sont pas renouvelées, les francophones auront une autre occasion de se battre pour demander de faire revivre les Entités ou encore qu’on les remplace par d’autres instances de pression et de revendications. Car, c’est indispensable le rôle que nous jouons pour les francophones», insiste Marlène Thélusma Rémy, présidente de Reflet Salvéo, l’Entité qui couvre les régions de Toronto, de Mississauga/Halton et du Centre-Ouest.

Son organisation, tout comme les cinq autres Entités de la province, conseille depuis 2010 les autorités régionales de la santé (RLISS) en matière de services en français. Les RLISS sont tenus par la Loi de se référer aux entités et de tenir compte de leurs recommandations. «Nous sommes les chiens de garde des services de santé en français auprès des instances gouvernementales», selon Mme Thélusma Rémy.

Le ministre de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, Dr Eric Hoskins, a admis à #ONfr le jeudi 5 novembre ne pas avoir encore pris connaissance du rapport préparé sur ce sujet par la firme de consultation Prairie Research Associated. La firme indépendante a offert ses conclusions au ministre et à son ministère depuis déjà un certain temps dans un document qui s’intéresse à l’efficacité du modèle RLISS/Entités.

Contrairement à ce qu’avancent les représentants des Entités, le ministre n’a pas écarté la possibilité d’une transformation du modèle actuel. Les francophones devraient-ils être représentés en plus grand nombre au sein même des RLISS? «C’est une des raisons pour laquelle on a demandé le rapport. Je veux voir si davantage peut être fait et si un lien plus fort est nécessaire et pourrait être avantageux», a répondu le Dr Hoskins.

L’objectif du remue-méninges actuel est de permettre aux francophones d’obtenir de meilleurs services, insiste le ministre qui souhaite se faire rassurant. «Comme ministre, je suis dédié au fait de permettre aux Franco-Ontariens d’avoir accès à des soins de santé de qualité, comme je le suis pour les autres Ontariens. Je suis à la recherche de davantage de moyens pour servir cette communauté le mieux que nous le pouvons», a-t-il affirmé.

Le bureau du ministre a d’abord indiqué vouloir fournir à #ONfr davantage d’informations sur les prochaines étapes à venir dans ce dossier, vendredi. En début d’après-midi, vendredi, l’attaché de presse du ministre a remis à lundi la mise à jour promise.

Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones, a indiqué le 5 novembre que le dossier relevait entièrement de son collègue à la santé.

 

Lueur d’espoir

La présidente de Reflet Salvéo a bon espoir de voir le gouvernement renouveler la formule actuelle. «Au sein des RLISS, il y a un coordonnateur des services en français, mais la structure est anglophone. Les leaders de la communauté s’étaient levés pour réclamer la création des Entités», rappelle Mme Thélusma Rémy. Le travail accompli par les Entités n’est pas passé inaperçu, selon elle, et elle espère que le gouvernement renouvellera leur mandat. La présidente de Reflet Salvéo caresse même l’espoir que le gouvernement Wynne rende les Entités permanentes.

Un optimisme partagé par Jacinthe Desaulniers, directrice du Réseau des services de santé en français de l’est de l’Ontario et de l’Entité qui s’y rattache. «L’évaluation actuelle du modèle s’inscrit dans une démarche normale. Les entités ont demandé qu’une telle évaluation ait lieu. C’est une démarche d’amélioration», selon elle.

«Ce n’est pas plaisant d’être dans des délais comme ça, mais quand on regarde la grosseur du ministère de la Santé, ce n’est pas rare qu’on soit à la 24e heure», souligne Mme Desaulniers. «Au niveau des Entités, on pense qu’on a un bon modèle. Ça a permis de faire des améliorations et on veut poursuivre notre travail», ajoute-t-elle.
Les Entités ont été convoquées à une réunion avec le Ministère de la Santé et des Soins de longue durée quelques jours avant la date fatidique du 8 décembre.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.