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Promotion du français: la promesse de Macron saluée au Canada

Le président français. Emmanuel Macron. Gracieuseté

TORONTO – La France a le devoir de promouvoir davantage la langue française dans le monde, selon le président français, Emmanuel Macron. Un désir qui réjouit de nombreux intervenants canadiens, qui estiment que l’aide de l’Hexagone peut faire la différence, si ce désir se concrétise en réelles actions sur le terrain.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Ce n’est pas du tout une politique défensive que je veux ici vous présenter; c’est une politique de conquête éducative du modèle français et de promotion de la francophonie partout dans le monde», a expliqué Emmanuel Macron, il y a quelques jours, devant les représentants de l’Assemblée des Français de l’étranger.

«Le potentiel de la francophonie est pour moi immense, c’est pourquoi dès le début de l’année prochaine je recevrai intellectuels, universitaires, artistes, entreprises engagées de la francophonie à l’Élysée pour travailler à une stratégie que je présenterai durant le premier semestre 2018 avec un plan d’ensemble que les ministres porteront pour la promotion de la langue française et du plurilinguisme dans le monde» – Emmanuel Macron, président français

Cette courte déclaration a été accueillie avec enthousiasme par de nombreux intervenants de la francophonie, notamment au Canada.

Denis Desgagné, président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques, salue ces déclarations. «C’est de la musique à mes oreilles», lance-t-il. «On s’en rend peut-être moins compte au Canada, mais la France joue un rôle essentiel pour promouvoir le français dans les Amériques. Elle fait la promotion du français, mais aussi des valeurs de la francophonie comme la solidarité et l’humanisme. On attendait impatiemment de voir la position d’Emmanuel Macron sur la francophonie», complète-t-il.

«La France peut nous aider à faire rayonner le français en Ontario, au Canada et au Québec. Elle fait déjà un effort important pour former les anglophones au français et éveille sur la culture francophone», affirme M. Desgagnés.

Denis Desgagné, PDG du Centre de la francophonie des Amériques

La politologue et chercheure à la Chaire canadienne de recherche sur la francophonie et les politiques publiques, Stéphanie Chouinard, affirme que les déclarations d’Emmanuel Macron sont dignes d’intérêt. «C’est sûr que ça pique la curiosité de voir qu’il s’adresse ouvertement à la francophonie de cette façon», lance-t-elle. «Ça augure très bien, mais il faudra voir la forme que ça prendra», ajoute-t-elle.

Marc Albert Cormier, un Français qui vit au pays depuis plusieurs années et agit à titre de conseiller consulaire, estime que le président Macron doit plus que jamais montrer son attachement à la francophonie en posant des gestes d’impact. «Pour l’instant, ce sont de grands discours, mais il faut des gestes. Il n’a aucun ministre de la francophonie. Il n’y a pas de personne responsable des enjeux francophones avec de réels pouvoirs. C’est quand même symbolique», s’attriste-t-il.

Récemment, le président Macron a été critiqué dans différents médias au sujet de son silence sur la francophonie et de son utilisation de nombreux anglicismes lors de ses discours. Le président français semble cependant en mode rattrapage, observent plusieurs intervenants, qui ont salué ses promesses des dernières semaines, notamment en Allemagne, le mercredi 11 octobre, où il a réitéré son désir de promouvoir le français dans le monde.

4 idées pour Emmanuel Macron en francophonie

  • Promotion du français «La France peut faire une différence pour que le français puisse devenir une langue seconde plus importante dans le monde. Elle peut renforcer l’accès à la télévision française, renforcer les écoles françaises à l’étranger et les lieux de culture» – Marc Albert Cormier
  • Augmenter les échanges «Tout le monde serait gagnant s’il y avait plus d’échanges entre la France et le Canada. Ça existe depuis plusieurs décennies au niveau étudiant et de la culture, mais il faudrait les dynamiser grâce à des injections de fonds. Il y a une entente particulière entre le Québec et la France, mais pourquoi ne pas l’étendre au reste du Canada?» – Stéphanie Chouinard
  • Culture «Il y a des possibilités au niveau culturel. Il y a spectacles dans Alliances françaises et dans les Instituts français. Ces organisations pourraient bénéficier d’un réinvestissement et avoir plus de ressources pour présenter les artistes hors de la France» – Denis Desgagné
  • Recrutement «Nous avons un manque de professeurs de français. La France peut jouer un rôle en éducation et nous aider à solutionner nos problèmes en matière de ressources humaines» -Denis Desgagné

L’importance d’une relation d’égal à égal

L’ensemble des intervenants consultés par #ONfr sont unanimes: la France doit faire preuve d’humilité et collaborer avec les communautés francophones locales, si elle veut réussir. «La France doit ne pas reprendre les mauvaises manies du colonialisme intellectuel. Elle ne doit pas dire aux francophones du reste du monde quoi faire. La France a aussi des choses à apprendre du Canada, de la Belgique et des autres pays francophones», souligne Marc Albert Cormier. «La France pourrait s’inspirer de l’Ontario sur le plan de l’intégration des minorités et de la pédagogie, alors que l’Ontario a peut-être des choses à apprendre de l’importance d’une culture commune», dit-il pour illustrer son propos.

La promotion du fait français passe aussi par la promotion de la francophonie à l’intérieur même de la France, ajoute Stéphanie Chouinard. «Les apprentissages et les échanges doivent aller dans les deux sens. Il y a une méconnaissance de la francophonie hors-Québec en France. En France, tout le monde me présente comme une Québécoise», affirme celle originaire de Terre-Neuve-et-Labrador.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.