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Peu d’alliances possibles, selon Horwath

TORONTO – Après s’être fait tirer l’oreille pendant presque toute la campagne électorale, la chef néo-démocrate Andrea Horwath a finalement évacué, le mardi 10 juin, la possibilité d’une coalition avec les progressistes-conservateurs, si le parti de Tim Hudak prend les rênes de l’Ontario avec un mandat minoritaire.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Mme Horwath a dit être dans la course pour gagner, même si sa formation continuait à occuper le troisième rang dans les sondages, à deux jours du scrutin du 12 juin.

«J’ai dit très, très clairement que je faisais campagne pour devenir première ministre de cette province», a déclaré Mme Horwath, de passage dans la région de Windsor.

La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) n’a pas rejeté aussi explicitement l’idée d’une coalition avec les libéraux de Kathleen Wynne. Mais elle a tout de même fait savoir qu’elle n’«appuierait pas la corruption», faisant référence au scandale des centrales au gaz du gouvernement sortant.

Tout indiquait, le 10 juin, que l’Ontario se dirigeait vers un autre gouvernement minoritaire. Les libéraux et les progressistes-conservateurs étaient toujours statistiquement ex-aequo, c’est-à-dire que la marge d’erreur des sondages était supérieure à l’écart entre les intentions de vote pour les deux formations.

Appel au vote stratégique

Rappelons que Kathleen Wynne a lancé, le 8 juin, un appel au vote stratégique pour barrer la route aux progressistes-conservateurs. Elle a demandé aux électeurs qui lorgnaient du côté des néo-démocrates de se ranger dans son camp, affirmant qu’«un vote pour Andrea Horwath (serait) un vote pour Tim Hudak».

La chef libérale s’était, par contre, montrée ouverte à la possibilité d’une alliance avec le NPD, plus tôt dans la campagne.

De son côté, le chef progressiste-conservateur Tim Hudak s’est toujours opposé à un pacte avec un de ses rivaux pour piloter un gouvernement minoritaire. Il a cependant dit qu’il «jouerait avec les cartes que les électeurs voudraient bien lui donner», le jour du scrutin.

Les néo-démocrates d’Andrea Horwath ont appuyé deux budgets libéraux, en 2012 et 2013, sans toutefois former une véritable coalition avec les troupes de Dalton McGuinty, puis de Kathleen Wynne.

La dernière coalition à Queen’s Park remonte à 1985.

Les libéraux de David Peterson et les néo-démocrates de Bob Rae s’étaient alors entendus pour ravir le pouvoir au progressiste-conservateur Frank Miller, peu après sa réélection à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Pour former un gouvernement majoritaire, un parti doit remporter 54 des 107 circonscriptions électorales de l’Ontario.

À la dissolution de l’Assemblée législative, le 2 mai, les libéraux détenaient 48 sièges, les progressistes-conservateurs, 37 sièges, et les néo-démocrates, 21 sièges. Il y avait un siège vacant.

Les sprints de la onzième heure

Les chefs des trois principaux partis politiques à Queen’s Park ont chaussé leurs espadrilles de campagne pour un dernier sprint, le 10 juin, alors que les sondages laissaient entrevoir les résultats électoraux les plus serrés depuis des décennies.

Kathleen Wynne s’est rendue dans la circonscription de Kingston-et-les-Îles, une forteresse libérale où le NPD s’est fait plus menaçant, dernièrement.

Tim Hudak s’est rendu à Oakville et London, deux régions où sa formation espère faire des gains. La veille, le chef progressiste-conservateur s’est aussi rendu à Ottawa pour clarifier son engagement à financer une éventuelle deuxième phase d’un projet local de train léger «lorsque les finances de la province le permettront».

Andrea Horwath, elle, a continué à sillonner le centre et le sud-ouest de la province, notamment les régions de London et Kitchener-Waterloo, où sa formation pense aussi faire des gains.

Un peu plus de 550 000 électeurs ont voté par anticipation, entre le 31 mai et le 6 juin, selon les chiffres d’Élections Ontario. Il s’agit d’une diminution par rapport aux quelque 600 000 bulletins anticipés, lors des dernières élections générales, en 2011.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org