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ORNGE: l’opposition réclame la démission de la ministre Matthews

Une filiale privée d’ORNGE aurait obtenu de la province, via la compagnie-mère, des contrats «de plusieurs millions de dollars, voire plusieurs centaines de millions de dollars» sans appels d’offres. (Photo: ORNGE)

TORONTO – L’opposition à Queen’s Park redemande la démission de la ministre libérale Deb Matthews, cette fois après avoir mis la main sur un document qui laisse croire que l’élue était au courant des problèmes de l’agence d’ambulances aériennes ORNGE bien avant que le scandale n’éclate au grand jour.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Une organisation qui défend les intérêts des transporteurs aériens aurait informé Mme Matthews de «sérieux problèmes» chez ORNGE dans une lettre datée du 4 mai 2011 dont le bureau du chef progressiste-conservateur Jim Wilson a obtenu copie.

L’Ontario Air Transport Association (OATA) rapporte, dans sa lettre, que les anciens patrons d’ORNGE ont créé une filiale entièrement privée n’ayant pas à se plier, comme la compagnie-mère, aux exigences du gouvernement en matière d’approvisionnement.

Cette filiale, connue sous le nom d’ORNGE Air, aurait obtenu de la province, via la compagnie-mère, des contrats «de plusieurs millions de dollars, voire plusieurs centaines de millions de dollars» sans appel d’offres.

Faire le ménage

Le gouvernement libéral à Queen’s Park n’a commencé à faire le ménage au sein d’ORNGE qu’à l’hiver 2012. Il a fallu, entre autres, une enquête du Vérificateur général pour faire la lumière sur une véritable «toile d’araignée» d’entreprises privées vers lesquelles les anciens patrons de l’agence d’ambulances aériennes détournaient des fonds publics.

Les conclusions du VG rejoignent celles de l’OATA, un an plus tôt.

«La ministre aurait dû agir dès qu’elle a reçu cette lettre», a pesté M. Wilson à la sortie de la période de questions à l’Assemblée législative, le lundi 3 novembre. «Ou bien elle ne lit pas son courrier, ou bien elle s’en fout. D’une manière ou d’une autre, elle doit démissionner».

L’opposition à Queen’s Park a plusieurs fois demandé la démission de Mme Matthews dans la foulée de l’affaire ORNGE.

Or, Mme Matthews, qui était ministre de la Santé et des Soins de longue durée au moment des faits qui lui sont reprochés par l’opposition, prétend qu’elle n’a jamais vu la lettre du 4 mai 2011 et qu’elle n’a commencé à se préoccuper de la situation chez ORNGE que sept mois plus tard, à la lumière de certains reportages dans des médias torontois.

Rappelons qu’entretemps, la province s’est rendue aux urnes.

«Déconcertant»

La première ministre Kathleen Wynne s’est portée à la défense de sa ministre de London, une fidèle alliée qu’elle a d’ailleurs promu à la présidence du Conseil du trésor, peu après les dernières élections. «Nous avons déposé un projet de loi (pour mieux encadrer les agences comme ORNGE) dès 2012 mais l’opposition en a retardé l’adoption», a scandé la chef libérale à la période de questions du 3 novembre.

Le Nouveau Parti démocratique n’a pas explicitement demandé la démission de Mme Matthews, mais a tout de même remis en question son rôle de premier plan dans le gouvernement.

«C’est déconcertant qu’une personne ayant fait preuve d’autant d’incompétence (…) se voit confier de plus grandes responsabilités», a décoché la chef néo-démocrate Andrea Horwath, faisant allusion à la nomination de Mme Matthews au Conseil du trésor. «C’est un manque de jugement de la part du gouvernement».

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org