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Opération charme de Patrick Brown auprès des francophones

Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown. Archives

TORONTO – Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown continue de courtiser l’électorat francophone de l’Ontario, un an après avoir pris les rênes de l’opposition officielle à l’Assemblée législative.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

L’ancien député fédéral de Barrie, qui a défié les pronostics et l’establishment du Parti PC lorsqu’il en a remporté la chefferie, le 9 mai 2015, a depuis un an entrepris de repositionner complètement sa formation.

Le parti qui promettait il y a deux ans d’abolir 100000 emplois dans la fonction publique ontarienne se porte aujourd’hui à la défense d’infirmières mises à pied dans les hôpitaux et de parents décontenancés par des changements dans le traitement des enfants autistes.

«Ça c’est notre nouveau Parti PC. Le parti est plus grand. Il est plus inclusif. Il est plus moderne», explique M. Brown à #ONfr. «J’amène à Queen’s Park des sujets nouveaux pour notre parti», poursuit-il. «Je parle souvent de sujets comme la santé, l’éducation et l’environnement.»

Le chef du Parti PC a ouvert la porte de son caucus à une quarantaine de décideurs de la francophonie ontarienne, mercredi 11 mai. C’était l’occasion pour lui de prendre le pouls d’un électorat qu’il courtise ouvertement, et aussi d’évacuer un peu plus les mauvais souvenirs qu’ont laissés ses prédécesseurs Mike Harris et Tim Hudak.

«Je suis le seul chef qui pose des questions en français sur l’importance d’avoir une université francophone. Je suis le seul chef qui parle d’éducation en français à Hamilton et dans le Niagara. Je suis le seul chef qui parle de l’importance d’avoir des soins de santé en français à Penetanguishene», insiste M. Brown.

 

Université franco-ontarienne

Le chef du Parti PC a profité de sa journée de séduction auprès des francophones pour reprocher à la première ministre Kathleen Wynne son «inaction» dans le dossier d’une nouvelle université franco-ontarienne. Il a exigé dans la Législature la publication immédiate d’un rapport d’experts qui serait favorable à la création d’un établissement «par et pour» les Franco-Ontariens mais que le gouvernement libéral ne prévoit pas rendre public avant la mi-juin.

Mme Wynne a répondu qu’elle ne s’était jamais engagée à bâtir un nouvel édifice, mais qu’elle souhaitait bonifier l’offre des programmes d’études postsecondaires pour les francophones.

Invité à la rencontre du caucus progressiste-conservateur, Denis Vaillancourt, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), a dit voir d’un bon œil la démarche du chef de l’opposition auprès de l’électorat francophone.

«C’est une ouverture rafraichissante, nouvelle. Il y a de grands efforts de la part du chef pour nous parler en français», observe M. Vaillancourt à #ONfr. «Le parti n’avait pas la réputation d’être pro-francophone. Du moins, pas à l’époque Harris», ajoute-t-il. «M. Hudak avait essayé un peu. M. Brown y met de l’énergie, plus que nous en avons vu dans les dernières années.»

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org