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«Nous serons là!», promet la FCFA

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada tenait sa 41e assemblée générale annuelle, samedi 4 juin, à Ottawa. Benjamin Vachet

OTTAWA – La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada dresse un bilan encourageant de l’année écoulée. L’organisme porte-parole des francophones en contexte minoritaire se tourne désormais vers deux échéances majeures: le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, en 2017, et le futur plan d’action amené à remplacer la Feuille de route pour les langues officielles, en 2018.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Il y a un an, la FCFA élisait une nouvelle présidente pour une année particulièrement importante, celle de la campagne électorale fédérale. Un an plus tard, l’effervescence était un peu retombée pour la 41e assemblée générale annuelle de l’organisme, le samedi 4 juin, à Ottawa. Mais après une année chargée à la tête de l’organisme durant laquelle elle explique s’être familiarisée avec ses nouvelles fonctions, Sylviane Lanthier peint un portrait plutôt positif de l’année écoulée pour la FCFA.

«Ça a été une année occupée durant laquelle nous avons été très présents pendant la campagne électorale et ensuite, où nous avons eu plusieurs occasions de faire passer nos messages devant les comités parlementaires et lors de rencontres avec les élus. Je pense que nous avons réussi à avoir une oreille attentive et sympathique de la part du nouveau gouvernement fédéral, on veut maintenant que ça se concrétise par des gains.»

L’exercice n’était pas aisé avec de nombreux nouveaux visages à la Chambre des communes, reconnaît Mme Lanthier. Mais la francophonie canadienne peut aujourd’hui, selon elle, compter sur plusieurs alliés.

«Je pense qu’il n’y a jamais eu autant d’élus de nos communautés à la Chambre des communes. Le secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien, Randy Boissonnault, est lui-même un membre de la francophonie canadienne. Ces nouveaux députés veulent contribuer au développement des communautés et c’est une carte que nous n’avions pas avant.»

Organisme membre de la FCFA, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), par la voix de son président, Jean Johnson, partage cet optimisme.

«L’accueil est assez chaleureux. C’est un gouvernement qui commence à prendre son élan, il faut donc être présent. La FCFA a fait un gros travail pendant les élections. Aujourd’hui, je pense qu’il faut continuer sur notre lancée en poursuivant le démarchage politique sur la colline parlementaire. Il faut mettre en valeur la diversité de nos communautés et continuer à sensibiliser les décideurs politiques. On sent un désir d’en apprendre davantage, à nous d’en profiter!»

 

Plusieurs victoires

La FCFA compte donc s’appuyer sur cet intérêt affiché pour faire avancer plusieurs dossiers, dont celui de la petite enfance, notamment, mais aussi de l’immigration, bien que dans ce domaine, la FCFA ait pu compter une victoire importante en 2015-2016.

«Nous avons fait des gains importants dans le domaine de l’immigration avec le retour du programme Avantage significatif francophone. Je crois que nous sommes dans une période où nous pouvons nous permettre de rêver et de positionner la francophonie dans l’espace public, notamment pendant les célébrations du 150e anniversaire du Canada.»

Pour preuve, la présidente rappelle les propos de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, qui a indiqué, jeudi 2 juin, lors de la remise du Prix Boréal au député franco-ontarien Mauril Bélanger, que le Programme de contestation judiciaire pourrait désormais être ouvert à la partie VII de la Loi sur les langues officielles qui oblige le gouvernement fédéral à appuyer le développement des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire.

«C’était une de nos demandes car les démarches judiciaires sont très coûteuses pour nos communautés. Cela va nous permettre, en cas de besoin, de disposer d’une aide financière pour pouvoir attaquer le gouvernement fédéral s’il prend des décisions ou met en place des nouvelles initiatives sans consulter nos communautés, ni s’assurer de l’impact que cela peut avoir.»

 

Les défis demeurent

Malgré ce vent d’optimisme, Mme Lanthier reconnaît que des défis demeurent dans les communautés francophones en contexte minoritaire.

«Il reste beaucoup de défis, c’est sûr. Nous avons des membres qui ont lancé des cris d’alarme dans le courant de l’année en disant qu’ils manquaient de ressources financières. Il n’y a pas eu de réinvestissement dans nos communautés depuis longtemps. Quand pendant dix ans, les budgets sont gelés, cela veut dire qu’on recule et que les ressources avec lesquelles les organismes travaillent diminuent, alors que les besoins, eux, ont plutôt tendance à augmenter.»

La FCFA surveillera donc avec beaucoup d’attention le travail préparatoire du gouvernement fédéral en vue du renouvellement de la Feuille de route pour les langues officielles, en 2018.

«Notre prochaine étape, c’est d’obtenir des gains véritables sur lesquels continuer de bâtir. On sait qu’il va y avoir des consultations qui vont être lancées fin juin en vue d’élaborer ce prochain plan d’action sur les langues officielles. On va s’assurer de faire connaître notre réalité et que les gens de nos communautés participent à ces consultations.»

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Denis Vaillancourt, qui participait à sa dernière assemblée générale annuelle de la FCFA, se dit confiant.

«Il y a un nouvel élan! Dans mes six ans à la FCFA, il y a eu des moments de tâtonnement, mais aujourd’hui, je sens que nous avons un meilleur engagement et un bon enlignement de tous les organismes autour d’une même vision et d’un objectif commun: le développement et l’épanouissement de nos communautés. Avec les prochaines consultations à venir, nous avons eu une bonne opportunité d’influencer le milieu politique et je sens que nous sommes capables de la saisir.»

 

Des points à améliorer

Sans pouvoir anticiper quel sera le fruit de ces consultations, ni quels seront les priorités des communautés, Mme Lanthier souligne plusieurs points à améliorer dans le prochain plan d’action pour les langues officielles.

«Ce que nous avons souvent dit de la Feuille de route actuelle, c’est qu’elle manque de transparence. On ne sait pas toujours où va l’argent, ni comment il est dépensé et si c’est efficace. De plus, la Feuille de route ne comprend pas de mesures qui permettent aux ministères qui la mettent en œuvre d’être imputables, il est donc difficile de s’assurer que ça donne des résultats et que les ministères font leur travail correctement. Enfin, nous voulons nous assurer que la Feuille de route ne serve pas de panacée à certains ministères qui se disent, ensuite, qu’ils n’ont plus rien à faire.»

Le président de l’ACFA souhaite également un changement de mentalité au sein du gouvernement.

«Il faut insister sur le «par et pour» les francophones. Ces dernières années, le gouvernement a eu tendance à dicter les objectifs et les moyens de les atteindre. Je pense qu’il est bien plus efficace de donner les capacités financières nécessaires à la communauté qui déterminera et évaluera ensuite ses actions en fonction de ses besoins et de ses priorités.»

Outre de fixer ses objectifs pour l’année à venir, l’assemblée générale annuelle de la FCFA a également été l’occasion d’élire par acclamation la vice-présidente de l’organisme, Audrey LaBrie, qui reste donc en poste, et un nouveau trésorier, le Franco-Ténois, Richard Létourneau.

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.