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Monte McNaughton se désiste à son tour

Le progressiste-conservateur Monte McNaughton a beaucoup fait parler de lui durant un débat sur un nouveau curriculum d’éducation sexuelle pour les écoles de l’Ontario, auquel il s’est farouchement opposé. (Photo: Archives, #ONfr)

TORONTO – Monte McNaughton a quitté la course à la chefferie du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario comme il l’avait rejoint: sans tambour ni trompette. L’élu de la région de London a fait connaître son désistement par le biais d’un communiqué en même temps qu’il a donné son soutien à son ancien rival Patrick Brown, le jeudi 9 avril.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

L’appui de M. McNaughton à M. Brown a donné un avantage clair à l’élu fédéral de Barrie, à exactement un mois de l’investiture du prochain chef de l’opposition officielle à Queen’s Park.

«Patrick a démontré qu’il a l’énergie et la capacité d’amener des milliers de nouveaux membres de diverses origines et avec des points de vue différents dans notre parti», a écrit M. McNaughton, le 9 avril. «J’ai hâte de travailler avec lui pour bâtir un parti plus grand, plus fort et plus moderne qui va donner une voix à tous ses membres et refléter les vraies priorités des familles de l’Ontario.»

Il s’agit du troisième abandon depuis le début de la course à la chefferie PC de l’Ontario. Les députés Victor Fedeli et Lisa MacLeod ont, eux aussi, lancé la serviette en cours de route.

L’élu de Lambton-Kent-Middlesex, près de London, a beaucoup fait parler de lui lors d’un récent débat sur un nouveau curriculum d’éducation sexuelle pour les écoles de l’Ontario, auquel il s’est farouchement opposé. Il a soulevé la controverse lorsqu’il a douté publiquement de la légitimité de la première ministre Kathleen Wynne, ouvertement lesbienne, à «dire aux parents qui est approprié pour l’âge de leurs enfants.»

Monte McNaughton, 37 ans, dit avoir enrôlé 12000 nouveaux membres dans le Parti PC durant sa campagne, ce qui lui conférait une lointaine troisième place dans la course à la succession de Tim Hudak à la tête de l’opposition officielle.

Ces 12000 membres seraient toutefois suffisants à Patrick Brown pour lui garantir la victoire lors du congrès d’investiture à la direction de l’ancienne Big Blue Machine, le samedi 9 mai.

Un choix, dit Brown

«La course à la chefferie est devenue ce que nous avons toujours su qu’elle était vraiment: un choix entre le même vieux matériel et un nouveau départ pour rebâtir notre parti», a déclaré M. Brown, 36 ans, dans un communiqué. «Je rejoins des Ontariens dans toutes les communautés, dans tous les milieux et toutes les communautés culturelles à travers la province.»

Patrick Brown, longtemps considéré comme un outsider ayant peu de chances de remporter la chefferie PC, a provoqué une onde de choc au sein de la formation lorsqu’il a annoncé, fin février, avoir vendu plus de 41000 nouveaux abonnements.

Il faut dire que M. Brown a courtisé tous azimuts. Il a ouvert un bureau de campagne à Brampton, où il a rallié le vote sikh. Il a aussi ouvert boutique à Scarborough, un des foyers de la Ford Nation à Toronto. Son conseiller spécial, le député Jack MacLaren, lui a amené le vote libertarien des Landowners de l’est de la province. Sa proche collaboratrice Roxane Villeneuve-Robertson a fait sortir le vote francophone.

Dur coup pour Elliott

Par contre, l’alignement de Monte McNaughton sur Patrick Brown porte un coup dur à la campagne de Christine Elliott, longtemps considérée comme la favorite à la chefferie PC et le choix de l’establishment du parti. Dans une course à deux, les chances de l’élue de Whitby-Oshawa – avec ses 34000 supporteurs – sont presque nulles.

«Nos membres ont maintenant un choix clair pour l’avenir de notre parti», a vite relancé Mme Elliott avec défiance, le 9 avril. «Les PC peuvent choisir ma vision positive, pragmatique et vraiment progressiste-conservatrice qui va résonner chez tous les Ontariens et nous faire gagner les prochaines élections. Ou ils peuvent choisir Patrick Brown, un candidat n’ayant pas été mis à l’essai qui n’a rien d’autre à offrir qu’une vie de politicien de carrière.»

Aux yeux de Mme Elliott, 59 ans, un Parti PC avec à sa tête M. Brown mènerait la formation tout droit vers un nouvel échec électoral en 2018. Un cinquième de suite.

«Le rejet par Patrick et Monte d’une idéologie moderne et inclusive de l’Ontario ne fera rien d’autre que nous faire perdre les prochaines élections et garantir un autre mandat aux libéraux de Kathleen Wynne», a déclaré Mme Elliott dans un communiqué. «Pour gagner les prochaines élections, nous devons apprendre de nos erreurs et non choisir un chef dont les idées démodées viennent s’échouer loin des courants d’aujourd’hui.»

Le torchon brûlait déjà depuis quelques semaines entre Christine Elliott et Patrick Brown. L’élue de Whitby-Oshawa a d’abord accusé son rival de manquer de transparence dans la divulgation du financement de sa campagne. Puis, l’élu de Barrie a allégué que certains de ses supporteurs «avec des noms non-anglais» avaient reçu des appels «abusifs» associés à la campagne de l’ex-favorite.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org