Mobilisation pour la littérature franco-ontarienne

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[EXCLUSIF]
TORONTO – Avec l’objectif d’augmenter le rayonnement de la littérature franco-ontarienne dans les écoles, les auteurs francophones organisent un forum inédit avec les acteurs du milieu de l’éducation, a appris #ONfr. La rencontre doit aussi permettre de relancer l’idée d’un politique du livre en Ontario français.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

« Nous voulons discuter avec les représentants du monde de l’éducation pour mieux connaître leurs défis et qu’eux connaissent mieux les nôtres. Certains auteurs franco-ontariens semblent lus par les élèves dans les salles de classe, d’autres non. On veut que la littérature francophone de la province soit plus représentée au sein des écoles », indique Yves Turbide, directeur général de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF).

L’AAOF joue un rôle de premier plan dans l’organisation du Forum Nos livres et nos écoles, qui se déroulera au début de 2016, à Ottawa.

Le monde du livre sera représenté au Forum par les auteurs, les maisons d’édition, les libraires et les bibliothèques, alors que celui de l’éducation doit l’être par des écoles, des enseignants, des conseils scolaires et des représentants du gouvernement. Jamais auparavant autant d’acteurs de ces deux industries ne se sont assis autour d’une même table pour parler de littérature franco-ontarienne, selon l’un des organisateurs du Forum.

Yves Turbide espère que l’on pourra profiter de cette grand discussion pour réfléchir sur la place de la littérature franco-ontarienne dans les écoles. « Il faut trouver des moyens pour la faire davantage connaître », insiste-t-il. Il propose notamment plus d’échanges entre les élèves et les auteurs, grâce à des rencontres ou des ateliers.

En théorie, certains ouvrages de l’Ontario français sont inscrits au programme du secondaire, mais il faut s’assurer que cette directive soit respectée, insiste aussi M. Turbide. « Le phénomène d’identification est très important. Il faut faciliter la rencontre entre les étudiants et les auteurs, ainsi que leurs livres. Le jeune franco-ontarien qui découvre un auteur qui habite près de chez lui réalise que c’est possible pour lui aussi de faire carrière en littérature et peut développer une passion. Plusieurs vont ensuite se démarquer et faire leur chemin », croit-il.

Si l’industrie du livre est en crise à travers le monde et que les fermetures de librairies francophones se sont multipliées au cours des dernières années dans la province, les auteurs franco-ontariens demeurent prolifiques. « Ils produisent une centaine de livres par année. Et la qualité est en croissance. Nous avons aussi battu un record de membres à notre association, cette année, avec 170 inscrits », révèle M. Turbide.

 

Politique du livre

Le grand forum à venir doit aussi être un tremplin pour relancer la Table de concertation du livre franco-ontarien. En 2010, au terme d’un processus de consultation, la Table proposait une politique du livre franco-ontarien. Il est temps de faire pression pour que l’idée voie enfin le jour, selon Yves Turbide.

La politique du livre pourrait s’articuler de différentes manières avec en tête un objectif principal : inciter à la lecture.

« Il faut pour avoir un meilleur rayonnement pour les œuvres en Ontario, mais aussi à l’extérieur de nos frontières. S’ajoute à cela un volet formation pour les bibliothécaires ou enseignants. Sans oublier la question des achats des livres où l’on pourrait proposer aux écoles de se procurer leurs ouvrages dans des librairies de leur région, plutôt qu’en ligne auprès de grands distributeurs étrangers », souligne le directeur général de l’AAOF.

Les prochains mois risquent donc d’être chargés en matière de discussions sur la littérature franco-ontarienne. C’est aussi très prochainement (le 30 novembre – ndlr) que doit s’ouvrir une toute nouvelle librairie francophone à Toronto. La Librairie du Quartier, à Québec, a annoncé cet été qu’elle allait ouvrir une seconde succursale dans la Ville reine dans les locaux de l’Alliance française de Toronto.