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L’Ontario ouvre la porte à une taxe sur le carbone

Glen Murray, ministre de l'Environnement de l'Ontario. (Photo: François Pierre Dufault)

TORONTO – L’Ontario ouvre grande la porte à l’idée de «donner un prix au carbone». Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne fait cette proposition dans un document de consultation publique sur une éventuelle stratégie provinciale de gestion du changement climatique.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Le prix de l’inaction en matière d’émissions de gaz à effet de serre serait démesurément plus élevé que le prix d’une taxe sur le carbone, aux yeux de la province.

«Il n’y a pas un seul enjeu qui menace autant l’humanité. Mais, en même temps, il n’y a pas un seul enjeu qui offre autant de possibilités d’emplois et d’investissements», a déclaré Glen Murray, ministre de l’Environnement, lors d’un point de presse au centre-ville de Toronto, le jeudi 12 février.

M. Murray dit qu’une monétisation du carbone encouragera une certaine «renaissance» économique, notamment dans les industries de l’automobile et de la construction. Du même souffle, l’élu prévient qu’un laissez-faire mènera à davantage d’événements météorologiques extrêmes, comme les pluies diluviennes qui ont provoqué des inondations dans la métropole, à l’été 2013.

Des indemnisations de 1 milliard $ ou plus par année seraient devenues la normes depuis 2009, selon le Bureau d’assurance du Canada.

Échange ou taxe?

On ignore toutefois, pour l’instant, si l’Ontario se dirige vers un mécanisme «de plafonnement et d’échange» entre les plus grands et les plus petits pollueurs, comme l’ont fait le Québec et la Californie, ou vers une simple taxe sur le carbone, comme l’a fait la Colombie-Britannique.

La province dit vouloir s’inspirer de la consultation publique sur le changement climatique qu’elle a entamée, le 12 février, pour décider de la forme que prendra une éventuelle monétisation du carbone. Un document de travail est disponible sur Internet et une tournée provinciale s’arrêtera à Ottawa, Sudbury, Toronto et Windsor, entre autres.

Rappelons que l’Ontario et le Québec ont signé une entente pour «créer une économie à faible émission de carbone», à l’issue d’un conseil des ministres conjoint, le 21 novembre.

Outre une taxe sur le carbone, Queen’s Park a aussi dans sa mire d’«appuyer» de manière plus importante la transformation de «secteurs clés» comme les transports et l’énergie, de même que la recherche scientifique.

L’Ontario a émis 167 mégatonnes de gaz à effet de serre en 2012, selon des données du ministère de l’Environnement. Les transports seraient responsables d’un peu plus du tiers, soit 34%, de ces émissions.

Le gouvernement Wynne envisage de réduire d’ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre à 85% de ce qu’elles étaient en 1990. Pour y arriver, il lui faudrait encore diminuer ses émissions polluantes de 19 mégatonnes. Une mégatonne équivaut à la pollution d’environ 230 000 voitures.

On s’attend à ce que le débat sur le changement climatique fasse quelque flammèches à Queen’s Park à la rentrée parlementaire d’hiver, le 17 février. Le chef progressiste-conservateur par intérim Jim Wilson a déjà indiqué qu’il allait «se battre» contre une taxe sur le carbone qui, selon lui, ne ferait que heurter davantage le portefeuille des contribuables.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org