L’Ontario fait ses premiers pas dans l’OIF

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde, en compagnie de la Secrétaire générale de l'OIF, Michaëlle Jean Gracieuseté OIF

TORONTO – Sans tambour ni trompette, l’Ontario a fait ses premiers pas au sein de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), au cours des derniers jours. La province a participé, à Paris, à son premier Conseil permanent de la Francophonie, en tant que membre observateur. L’absence d’actions concrètes agace cependant la seconde opposition officielle.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

« Je vois quelque chose à long terme. Si on veut du court terme, c’est trop rapide. Je veux être certaine que nous avons l’information nécessaire pour qu’on ait un impact direct à long terme », a soutenu Marie-France Lalonde, ministre déléguée aux Affaires francophones, quelques heures après son retour de Paris.

En compagnie des représentants des 80 autres états membres, elle a participé à la première rencontre de l’OIF depuis le grand sommet de Madagascar. C’est à ce moment, en novembre dernier, que l’Ontario avait pu accéder à l’OIF, suite à des années d’efforts.


L’événement a été une manière pour l’Ontario de se faire connaître et de réseauter, fait-on savoir au gouvernement. « J’ai déjà parlé avec d’autres membres observateurs, comme la Corée du Sud, l’Argentine et le Costa Rica. Les membres observateurs essaient de voir leur rôle et comment on peut travailler ensemble », souligne la ministre Lalonde.

Plus de 120 jours après l’adhésion de l’Ontario à l’OIF, plusieurs questions demeurent cependant sans réponse. Quelles seront les retombées pour les Franco-Ontariens? Combien coûtera l’initiative? Quelles seront les priorités de la province sur la scène internationale?

Marie-France Lalonde demande encore aux citoyens d’être patients. Mais elle annonce un échéancier. « D’ici le prochain mois », a-t-elle indiqué lorsque questionnée sur l’échéancier en place pour fournir des réponses à toutes ces questions.


La ministre Lalonde parle de priorités qui pourraient toucher l’éducation et les nouvelles technologies. Elle évoque aussi le dossier chaud de l’immigration francophone. « Pour l’Ontario, c’est de dire à tout le monde qu’on parle français. Aussi, de nous aider dans le rayonnement pour l’immigration et de faire voir l’Ontario comme une destination francophone. »

Quant à son rôle de représentante de l’Ontario, elle affirme qu’elle peut l’assumer malgré son cumul de nombreuses fonctions au sein du gouvernement. « Mais je suis sherpa, seulement par intérim », insiste-t-elle.

En attente d’un coup d’éclat

Pour France Gélinas, députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario et critique de son parti en matière de francophonie, le gouvernement de Kathleen Wynne a encore une fois raté une occasion de faire un coup d’éclat.

« À date, l’Ontario est pas mal passé sous silence », a-t-elle expliqué à #ONfr.

France Gélinas, qui est également présidente de la section ontarienne de l’Assemblée des parlementaires de la Francophonie (APF), dit avoir fait plusieurs appels et envoyé quelques courriels pour tenter de mesurer l’implication de l’Ontario au sein de l’OIF et rien ne s’est encore rendu à ses oreilles.

« J’aimerais ça que l’on soit un peu plus visible, j’aimerais ça que l’on crée des contacts, un petit peu plus d’ouverture. J’espère que ça se passe, mais dans les discussions que j’ai eues, à date, on n’entend rien », a dénoncé la néo-démocrate.

France Gélinas fonde encore beaucoup d’espoir sur les retombées de l’adhésion de l’Ontario au sein de l’OIF, mais est forcée d’admettre que rien « de foudroyant » n’est arrivé plus de 120 jours après son entrée dans la francophonie mondiale.

« Avoir eu quelques grands titres ou des publications dans les médias sociaux où l’on aurait pu voir que l’Ontario a pris sa place, ça a aurait été bien », a concédé Mme Gélinas.