#Francophonie, #Ontario

L’Ontario est «dépassée» par d’autres provinces, dit Boileau

[30e LOI 8]

TORONTO – Il est plus que jamais le temps de «réécrire» la Loi sur les services en français de l’Ontario, a martelé le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, devant près de 200 leaders de la communauté francophone de Toronto. Madeleine Meilleur, à qui un hommage a aussi été rendu, est revenue sur les difficultés parfois rencontrées en coulisse pour faire avancer les droits des Franco-Ontariens.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Il faut amorcer le processus de réflexion dès maintenant. J’espérais et j’espère encore, même si le calendrier législatif commence à être serré, que l’on puisse avoir une nouvelle loi avant la prochaine élection», a-t-il soutenu à l’occasion d’une présentation spéciale du Club canadien de Toronto pour le trentième anniversaire de la Loi sur les services en français (Loi 8). M. Boileau ne cache pas qu’il aurait espéré voir le gouvernement Wynne faire suite à son rapport «LSF 2.0» (pour Loi sur les services en français) plus rapidement.

Il a souligné que l’Ontario s’est fait «dépasser» par d’autres provinces canadiennes et qu’il est nécessaire d’agir pour améliorer la vie des citoyens. «Il faut encadrer la volonté politique dans quelque chose de plus formel. La loi actuelle a seulement 14 articles et a été écrite dans un contexte bien différent», a-t-il rappelé.

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Celui dont le mandat a été renouvelé pour cinq ans, plus tôt en journée, a énoncé plusieurs raisons pour lesquelles une nouvelle mouture de la Loi 8 s’impose. Il est revenu sur l’importance de se détacher du concept des régions désignées. Ce concept a mal vieilli et il propose que l’ensemble de la province soit désigné et qu’il soit donc possible d’obtenir des services en français dans différents points de service du gouvernement un peu partout sur le territoire. L’offre active demeure aussi une de ses préoccupations, notamment dans les sphères de la santé et de la justice.

«Si on parle de santé, de justice, d’immigration, de violences conjugales, d’aide à l’enfance et d’éducation, ce sont des secteurs où le fait d’offrir des services en français est encore plus important. Il faut créer des conditions pour que l’offre active soit réelle sur le terrain. Et si c’est inscrit dans la loi, ça envoie un message très clair à l’administration publique. Ça envoie une direction», a-t-il insisté.

François Boileau a souligné qu’il comptait participer activement au colloque prévu le 18 novembre à Ottawa, marquant les trente ans de la loi. La proposition d’un groupe de juristes qui sera alors étudiée est audacieuse, a-t-il dit. «Ils ont écrit beaucoup de bonnes choses. C’est un projet de loi de rêve. Ils vont beaucoup plus loin que moi. C’est un beau débat à avoir pour la communauté», a-t-il soutenu.

 

 

Meilleur revient sur sa carrière politique

Il était connu que Madeleine Meilleur jouait parfois du coude pour convaincre les autres ministres à penser aux francophones lorsque venait le temps de lancer un nouveau programme ou de veiller à sa mise en oeuvre. Interrogée à ce sujet, Mme Meilleur a admis que les élus avec qui elle a été appelée à travailler n’étaient tous pas ouvert à la question francophone, a-t-elle admise.

«Les politiciens viennent du peuple et ce ne sont pas tous les Ontariens qui sont pro-francophones» -Madeleine Meilleur

«C’est un travail constant. Je n’aurais pas pu accomplir cela sans les premiers ministres derrière moi. C’est un travail de collaboration que de convaincre les collègues du bien fondé de nos demandes», a-t-elle ajouté lors d’un entretien avec #ONfr.

Quelques minutes plus tôt, Mme Meilleur a pris la parole devant la communauté franco-torontoise. Avec beaucoup d’humour, elle a parlé de son parcours et remercié les acteurs de la communauté franco-ontarienne.

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«J’en veux pas d’école, je veux rien à mon nom!», a-t-elle lancé lorsque des gens ont lancé l’idée qu’une école soit nommée à son nom. Félicitant François Boileau pour le renouvellement de son mandat, elle lui a lancé à la blague: «Si j’avais su que c’était à perpétuité, j’aurais démissionné et j’aurais postulé!»

Sur un ton plus sérieux, elle est revenue sur les difficultés rencontrées dans les coulisses du pouvoir lors de l’adoption de la Loi sur les services en français. «Le cheminement qui a précédé cette loi a été laborieux. Mainte fois, on craignait les réactions des citoyens anglophones. Mais grâce au courage des politiciens de cette époque, on vit aujourd’hui les bénéfices. Elle nous a accompagnés dans toutes nos luttes et elle est entre autres responsable de la survie de l’hôpital Montfort», a-t-elle dit. «Je m’en voudrais de ne pas souligner le travail exemplaire de Bernard Grandmaître. Ces années où j’ai eu le privilège de représenter les Franco-ontariens et Franco-ontariennes furent mémorables», a ajouté Mme Meilleur.

 

Tout au long de la semaine, #ONfr revient sur le trentième anniversaire de la Loi sur les services en français à travers une couverture quotidienne. Pour en savoir plus: http://www5.tfo.org/onfr/

 

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.