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L’ex-ombudsman candidat progressiste-conservateur dans Ottawa-Vanier

Le candidat progressiste-conservateur dans Ottawa-Vanier, André Marin, aux côtés du chef du PC Ontario, Patrick Brown, samedi 24 septembre, à Ottawa. Archives

OTTAWA – L’ancien Ombudsman de l’Ontario, André Marin, sera le candidat progressiste-conservateur dans la circonscription d’Ottawa-Vanier. L’annonce officielle a été faite en présence du chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario (PC Ontario), Patrick Brown, samedi 24 septembre, au bureau de campagne de M. Marin, à Ottawa.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Évincé par le gouvernement libéral qui avait refusé de prolonger son mandat le temps de lui trouver un successeur, l’ancien Ombudsman de l’Ontario, André Marin, pourrait jouer un bien mauvais tour au Parti libéral de l’Ontario (PLO). Un an plus tard, ce dernier est devenu, samedi 24 septembre, le candidat progressiste-conservateur officiel dans Ottawa-Vanier.

«André Marin a toujours travaillé pour les Ontariens. Il est l’un des premiers à avoir parlé de la situation d’Hydro One. C’est un honneur d’avoir un tel candidat!», s’est enthousiasmé le chef du PC Ontario, Patrick Brown.

Plusieurs personnalités conservatrices, dont la députée de Nepean-Carleton, Lisa MacLeod et le député fédéral sortant d’Orléans, Royal Galipeau, ainsi que quelques prétendants pour les prochaines élections provinciales de 2018, dont Merrilee Fullerton, étaient présents à l’annonce de M. Marin.

«Je suis très contente de la candidature d’André. Nous sommes amis depuis plus de dix ans et j’ai essayé à plusieurs reprises de le convaincre de se présenter. C’est une excellente nouvelle pour le parti. Comme Ombudsman, il a montré qu’il était quelqu’un de tenace, de transparent et de très compétent. Après avoir gagné l’élection partielle dans Scarborough-Rouge River, je pense que la victoire dans Ottawa-Vanier est possible, même si je sais que ce sera difficile», a commenté Mme MacLeod à #ONfr.

 

Discours du trône

Le principal intéressé indique que c’est le dernier Discours du trône qui l’a convaincu de se lancer en politique.

«Ça m’a découragé de voir la première ministre utiliser un Discours du trône pour annoncer une réduction de la facture d’électricité de 8%, ce qui représente environ 11$ par mois en moyenne. À mon avis, c’est un abus du processus parlementaire. Le Discours du trône doit être utilisé pour aborder des questions plus substantielles. Je me suis dit alors que je devais contacter Patrick Brown.»

Alors que deux candidats s’étaient déclarés intéressés à l’investiture progressiste-conservatrice dans la circonscription ces dernières semaines, il n’y aura donc finalement pas de course à l’investiture. Le chef du PC Ontario a justifié cette situation.

«Nous avions plusieurs candidats intéressés, mais quand ils ont su qu’André Marin voulait se présenter, ils se sont désistés.»

 

Profil controversé

Ombudsman pendant dix ans, André Marin est un personnage coloré. En septembre 2015, il avait accusé les libéraux de vouloir l’évincer à cause des constats qu’il avait pu faire au cours de son mandat.

Très prolifique sur Twitter, avec plus de 2947 abonnés et presque autant de gazouillis à son actif, M. Marin s’était également fait remarquer lorsqu’il avait exhorté la population ontarienne à «faire du bruit» pour assurer sa reconduction pour un troisième mandat.

Un mois plus tôt, il avait encore utilisé les médias sociaux pour s’en prendre au maire de Casselman, Conrad Lamadeleine, qui contestait ouvertement un de ses rapports. «Le maire de Casselman toujours en crisse (sic). Relax chum», avait-il alors gazouillé, avant de qualifier l’élu municipal de l’Est ontarien de «p’tit moineau enragé».

Récemment encore, il s’en était pris à son successeur, l’Ombudsman Paul Dubé, via Twitter.

Aujourd’hui, M. Marin ne pense pas que ses sorties publiques passées pourraient effrayer les électeurs.

«Je pense, au contraire, que les citoyens d’Ottawa-Vanier peuvent voir qu’avec moi, ils vont avoir un candidat qui va pouvoir les défendre et protéger leurs intérêts à Queen’s Park avec vigueur et enthousiasme.»

 

Tâche ardue

Au-delà des controverses qui ont émaillé son mandat d’Ombudsman, la tâche d’André Marin s’annonce ardue dans une circonscription qui, depuis qu’elle a été nommée Ottawa-Vanier, n’a jamais voté autrement que pour les libéraux.

Installé à Ottawa, mais dans une autre circonscription, à Nepean-sud, M. Marin devra aussi convaincre les électeurs qu’il est plus qu’un candidat parachuté dans Ottawa-Vanier, ce que n’avait pas réussi à faire Martin Forget lors des élections provinciales de 2014.

«J’ai été étudiant à l’Université d’Ottawa, j’enseigne là et j’ai beaucoup de liens avec la circonscription. De plus, même quand que j’étais Ombudsman, je continuais à vivre à Ottawa, je faisais la navette à Toronto comme si j’étais un député. Je sais que c’est une circonscription qui sera difficile à gagner, mais je pense que les citoyens sont tannés des scandales et des dépenses des libéraux et de l’attitude de Mme Wynne qui reste dans sa tour d’ivoire et qui ne décide d’intervenir sur les frais d’électricité qu’une fois l’élection partielle de Scarborough-Rouge River perdue.»

M. Brown dit croire en les chances de son candidat, tout en rejetant la pression de la victoire sur les libéraux.

«Les gens disaient la même chose pour Scarborough-Rouge River et on a vu le résultat! Nous ne nous voyons pas comme les favoris, Ottawa-Vanier étant l’une des circonscriptions les plus sûres pour les libéraux, mais à force de rencontrer les Ontariens, je me rends compte que le taux d’insatisfaction envers le gouvernement ne cesse d’augmenter.»

La circonscription d’Ottawa-Vanier est vacante depuis le départ de l’ancienne procureure générale de l’Ontario et ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, annoncé le 9 juin dernier.

Le candidat progressiste-conservateur en a profité pour décocher une flèche aux libéraux et souligner sa sensibilité franco-ontarienne, malgré un discours majoritairement en anglais.

«À la veille du Jour des Franco-Ontariens, je trouve anormal que la communauté franco-ontarienne de Vanier ne soit pas représentée à Queen’s Park depuis trois mois!»

Alors que le NPD a déjà son candidat, en la personne de Claude Bisson, le frère du député de Timmins-Baie James, Gilles Bisson, investi le 8 août, les libéraux n’ont toujours pas annoncé quand aura lieu l’investiture de leur candidat. Le PLO compte actuellement deux candidates déclarées, Lucille Collard et Nathalie Des Rosiers, pour succéder à Mme Meilleur.

La date de l’élection partielle dans Ottawa-Vanier n’a pas non plus été annoncée, mais des rumeurs indiquent qu’elle pourrait avoir lieu fin octobre.

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.