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Les francophones en contexte minoritaire risquent de devoir patienter

OTTAWA – La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, garde les yeux rivés sur 2018 et la prochaine Feuille de route sur les langues officielles. Pour les francophones en milieu minoritaire, cela risque de signifier qu’il faudra encore attendre avant de voir des mesures concrètes de la part du gouvernement libéral.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

À la veille de la rentrée parlementaire, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, par la voix de sa présidente Sylviane Lanthier, confiait à #ONfr qu’elle espérait «plus que des signaux positifs» pour la session parlementaire d’automne.

Alors que les consultations pancanadienne sur les langues officielles arrivent dans leur dernière ligne droite, l’organisme porte-parole des francophones en contexte minoritaire souhaite que les consultations qui ont déjà eu lieu, ainsi que les passages devant plusieurs comités et les rencontres avec les élus du gouvernement, donnent lieu à des mesures concrètes dès cet automne, notamment afin de faire respecter la Loi sur les langues officielles mais également en matière de financement des organismes communautaires.

À la sortie de la Chambre des communes, mercredi 21 septembre, Mélanie Joly a toutefois calmé les attentes au micro de #ONfr.

«On est très content du processus de consultation. On a déjà visité plus de 20 communautés, il nous en reste encore une à visiter, à Iqaluit. Une fois que ce sera fait, on pourra arriver avec nos recommandations pour le nouveau plan.»

De là à en déduire que rien ne sera annoncé avant 2018? La ministre précise: «On a toujours dit que notre plan allait commencer en 2018, parce qu’il y a une feuille de route en matière de langues officielles qui est en place présentement et qui se termine en 2017. Pour nous, il est important de finir cette feuille de route et aussi de s’entendre avec les provinces pour la mise en œuvre du futur plan d’action.»

La ministre ne ferme toutefois pas complètement la porte à une indexation du financement des organismes francophones en milieu minoritaire qui reste gelé depuis près de 10 ans.

«Je suis prête à entendre tous les points de vue et c’est pour ça qu’il y a eu des consultations sur les langues officielles.»

En février dernier, devant le comité permanent des finances, la FCFA avait réclamé l’indexation, en 2017-2018, des fonds attribués aux organismes et institutions de la francophonie canadienne.

Le porte-parole aux langues officielles pour le Parti conservateur du Canada, Bernard Généreux, fait preuve d’une certaine impatience à l’égard du gouvernement libéral.

«Mme Joly a fait une tournée cet été, on va voir si ça va porter ses fruits. Pour l’instant, j’ai l’impression que c’est tout nouveau, tout beau, mais quels sont les résultats tangibles du gouvernement en matière de langues officielles? J’ai de grandes réserves. Il faut que les bottines suivent les babines. J’espère que ça va se traduire par des mesures concrètes dès cet automne.»

 

Patience aussi pour Graham Fraser

La patience devra également être de mise concernant la succession du commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, dont le mandat a été prolongé jusqu’en décembre. Pour l’instant, aucun n’affichage de poste n’a encore eu lieu.

«On va avoir l’occasion de lancer un processus. Pour nous, c’est très important d’avoir un processus ouvert et transparent et ça va me faire plaisir d’entendre les différents points de vue et que notre comité puisse entendre les différentes candidatures», a commenté Mme Joly.

Pour M. Généreux, la réponse de la ministre n’est pas acceptable.

«Normalement, il y aurait dû y avoir un processus déjà en place. On connaissait depuis longtemps la date de la fin du mandat de M. Fraser. Ce n’est pas normal qu’on ne connaisse toujours pas le nom de la personne qui va le remplacer! Encore une fois, ce gouvernement parle beaucoup, mais il n’y a pas de gestes concrets qui suivent.»

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.