#Francophonie, #Ontario

Les enseignants franco-ontariens songent aussi à la grève

Le président de l'AFO, Carol Jolin. Archives, #ONfr

 

OTTAWA – Le conflit de travail dans les écoles publiques anglophones de l’Ontario pourrait s’étendre aux écoles catholiques et publiques francophones dès la fin août.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

L’Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) tiendra un vote sur un mandat de grève du 2 au 4 juin.

Le syndicat représentant plus de 10 000 éducateurs de l’élémentaire et du secondaire francophone appelle d’ores et déjà ses membres à voter en faveur de la grève. Un vote qui pourrait déboucher sur un débrayage dès la prochaine rentrée des classes, fin août.

«Il y a de plus en plus de retranchements», déplore Carol Jolin, président de l’AEFO, en entrevue à #ONfr. «Les concessions faites lors de la négociation de travail en 2012 nous ont fait perdre beaucoup.»

À l’époque, l’accord prévoyait entre autres un gel salarial de deux ans, des jours de perfectionnement non payés, une réduction du nombre de congés de maladie et la suspension de tout débrayage.

 

Négociations à deux niveaux

Les contrats de travail des membres de l’AEFO sont de ce fait échus depuis 10 mois, sans qu’aucune négociation en vue de leur renouvellement n’ait encore abouti.

«Nous traverserons le pont lorsque nous serons arrivés à la rivière», a balayé Liz Sandals, ministre de l’Éducation, à sa sortie de la période de questions à Queen’s Park, le 12 mai. «Les différents syndicats ont tous leurs échéanciers à eux pour les négociations.»

Petite consolation pour l’AEFO: la nouvelle formule de négociations collectives à deux échelles, obligeant les employeurs et les syndicats à négocier au niveau local pour les conditions de travail de leurs membres, et au niveau provincial pour les grandes questions d’argent, n’est pas vue d’un mauvais œil.

«Les règles sont dorénavant plus claires et très définies», affirme M. Jolin. «Tout le monde est assis à la même table au moment de négocier, ce qui rend le fonctionnement plus facile.»

 

Conflit global

La menace d’une grève dans le réseau d’écoles francophones de l’Ontario intervient alors que la paix syndicale dans les écoles anglophones continue à se détériorer depuis quelques semaines.

Les enseignants du secondaire anglophone de la région de Durham sont en grève légale illimitée depuis le 20 avril, ayant été incapables de s’entendre avec leur conseil scolaire sur des enjeux locaux. Leurs collègues à Sudbury et dans la région de Peel – qui inclut Brampton et Mississauga – les ont rejoint sur les lignes de piquetage pour les mêmes raisons.

Les quelque 73 000 éducateurs syndiqués des écoles élémentaires publiques anglophones ont déclenché une grève du zèle à l’échelle provinciale, le lundi 11 mai. Ils continuent à donner leurs cours, mais refusent de participer aux activités parascolaires, d’administrer des tests de classement provinciaux ou encore remplir des bulletins de notes jusqu’à nouvel ordre.

En visite à Ottawa la semaine dernière, la première ministre Kathleen Wynne s’était plutôt montrée inflexible, affirmant que les enseignants ne pouvaient pas «décider» pour l’avenir des enfants.

«Le gouvernement n’a pas le monopole du bien-être des élèves», lâche à cet égard Carol Jolin de l’AEFO.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org