#Canada, #Francophonie, #Ontario

Les contenus #ONfr les plus partagés en 2015

Les médias sociaux ont amplifié le phénomène de propos haineux contre les francophones. iStock

TORONTO – Il y a de ces sujets de l’actualité qui nous touchent droit au coeur. Certains font vibrer une corde sensible, d’autres provoquent de l’indignation ou surprennent. #ONfr revient sur les cinq articles et la vidéo qui vous ont le plus interpellé en 2015. Ces contenus ont été partagés des milliers de fois et vous ont fait réagir en grand nombre sur les réseaux sociaux.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

1. Jeunes Franco-Ontariens jugés en raison de leur accent

Les confidences de deux francophones de l’Ontario victimes de moqueries et de commentaires désobligeants lorsqu’ils prennent la parole en français ont choqué de nombreux citoyens. Plusieurs se sont reconnus dans le récit de ces jeunes adultes. Notre reportage a levé le voile sur un pan méconnu de la problématique complexe de l’assimilation de la jeune génération. «Après un certain temps à se faire critiquer, certains jeunes décident de simplement parler en anglais, une langue où les différents accents semblent être moins problématiques», confiait Jérémie Spadafora, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne. Loin d’être un cas isolé, le problème soulevé dans notre reportage a été corroboré par bon nombre d’internautes, qui ont aussi reconnu être jugés par d’autres francophones lorsqu’ils prennent simplement la parole dans leur langue maternelle.

 

2. Les francophones hors-Québec ignorés dans un débat des chefs

Rarement les francophones du Canada se sont fait entendre en aussi grand nombre sur les réseaux sociaux pour dénoncer d’une seule voix une situation. L’absence de mention des problèmes et enjeux des francophones vivant à l’extérieur du Québec lors du premier débat des chefs de la campagne fédérale a provoqué une vague d’indignation. Twitter et Facebook se sont transformés en exutoire pour des dizaines de francophones qui ont dénoncé la situation grâce au mot-clic #NousComptons. La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada a soutenu qu’il était du devoir de Radio-Canada, le diffuseur public national, d’amener les chefs à se prononcer sur les problématiques des francophones vivant en situation minoritaire. L’organisme a d’ailleurs déposé deux plaintes contre la société d’État.

 

3. L’Université d’Ottawa désignée en vertu de la loi sur les services en français

Depuis des années, les étudiants et des acteurs francophones de l’Ontario attendaient cette annonce. #ONfr a dévoilé en primeur que l’Université d’Ottawa avait finalement obtenu sa désignation en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario. Il aura fallu trois ans à l’institution universitaire et au gouvernement pour en venir à une entente. La cérémonie s’est déroulée en grande pompe le 25 septembre, jour du drapeau franco-ontarien. La désignation entrera en vigueur en janvier. L’Université d’Ottawa a ainsi rejoint l’autre université bilingue de la province, l’Université Laurentienne. Les collèges francophones Boréal et La Cité, de même que l’Université de Hearst sont eux aussi protégés en vertu de la loi ontarienne.

 

4. Philippe Couillard n’appuie pas le bilinguisme officiel à Ottawa

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est critiqué depuis longtemps par plusieurs observateurs de la scène politique pour son manque de dynamisme en matière de protection de la langue française. Invité à se prononcer sur la question du statut linguistique de la capitale fédérale, Ottawa, il a raté selon plusieurs une belle occasion de démontrer son attachement pour le français. Le premier ministre québécois a affirmé qu’il n’était pas nécessaire qu’Ottawa devienne officiellement bilingue, malgré la symbolique importante d’un tel geste. Selon lui, le français n’a qu’à avoir une simple visibilité. Une prise de position qui a reçu un accueil glacial de nombreux internautes et de plusieurs acteurs francophones de la capitale. Un groupe réclame depuis plusieurs années ce statut à temps pour le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, en 2017.

 

5. Saga de l’hôpital Monfort: «De quoi s’agit-il?»

Montfort. Un nom qui résonne fortement chez les francophones de l’Ontario et du reste du pays. Le combat pour conserver ouvert l’hôpital Montfort a été marquant pour tout un peuple, qui a réalisé une fois de plus la fragilité de ses acquis. Étonnant donc que la critique en matière d’Affaires francophones du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, Gila Martow, admette ne pas du tout connaître ce dossier. «Je ne connais pas du tout Montfort, de quoi s’agit-il?». Sa courte réponse a suscité l’indignation de nombreux Franco-Ontariens, qui eux, se souviennent. Et espèrent que personne n’oublie.

 

VIDÉO.  Les plaques d’immatriculation en français

Les leaders francophones le disent d’une seule voix : citoyens de langue française, exigez de recevoir vos services en français et faites-vous entendre par les acteurs politiques. L’arrivée en 2009 sur le territoire ontarien de nouvelles plaques d’immatriculation en français, dont l’une avec le drapeau franco-ontarien, était une belle occasion pour les francophones de faire sentir leur présence. Une enquête menée par #ONfr a cependant démontré la popularité mitigée de l’initiative. Pourquoi les francophones s’affichent-ils si timidement? Des dizaines d’internautes francophones ont tout simplement admis ne pas être au courant de l’existence de plaques d’immatriculation en français. Interpellé à ce sujet, le gouvernement promet maintenant d’en faire plus en matière de promotion pour cette initiative.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.