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L’enjeu qui refuse de mourir

La voie politique qu’emprunte le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) est une bouffée d’air frais pour les francophonies en milieu minoritaire. Archives #ONfr

[CHRONIQUE]
Comme le rappelle François Pierre Dufault sur notre site Web, cela fait un an que le gouvernement Wynne est sommé d’agir sur le dossier de l’université francophone. Récemment encore, Le Droit nous faisait part des commentaires de la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, à ce sujet. Selon elle, avec l’existence du collège Boréal et du collège universitaire de Glendon associé à l’Université York, la viabilité d’une université de langue française à Toronto n’est pas garantie.

SERGE MIVILLE
Chroniqueur invité
@Miville

De toute évidence, la ministre gagnerait de faire un examen de la vue. La solution de cet enjeu est si claire que même le plus myope des politiciens qui se gratte un peu la tête peut voir que les yeux doivent désormais se river sur Glendon. Les édifices et le corps professoral y sont. Il est temps de passer à l’acte et d’étudier sérieusement la possibilité de convertir l’institution «bilingue» de cette faculté en une université de langue française.

D’ailleurs, ses programmes de cycle supérieur peuvent être maintenus dans leur ensemble, notamment avec des partenariats avec les autres institutions bilingues. Les politiques d’embauche de Glendon exigent déjà une connaissance du français, ce qui peut limiter les bouleversements au niveau du corps professoral et de l’administration.

Il demeure toutefois qu’il faut poser la question directement aux universitaires. Sont-ils prêts à participer à l’élaboration d’une université de langue française à Toronto? Toute démarche qui se restreint au cercle politique et du côté du leadership franco-ontarien demeure incomplète si elle n’inclut pas les professeurs et chercheurs dans le milieu universitaire.

Soulignons néanmoins le courage du milieu associatif de l’Ontario français de ne pas lâcher le morceau. La voie politique qu’emprunte notamment le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) depuis plusieurs années sur l’enjeu universitaire est une bouffée d’air frais pour les francophonies en milieu minoritaire. Après de nombreuses décennies de luttes juridiques moribondes qui ont surtout profité aux cabinets d’avocats qui favorisent le désintérêt, le coup de barre du RÉFO ne peut que nous faire un grand bien collectif.

 

Serge Miville est chargé de cours en histoire à l’Université Laurentienne.

Note: Les opinions exprimées dans les chroniques publiées sur #ONfr n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position de #ONfr et du Groupe Média TFO.

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