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Le drapeau franco-ontarien ne flotte pas partout

TORONTO – Symbole de la vitalité de la communauté franco-ontarienne, le drapeau vert et blanc au trille et à la fleur de lys flotte de manière permanente devant beaucoup d’hôtels de ville de la province. Mais sa présence au même endroit se fait encore attendre dans d’autres grands foyers franco-ontariens.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

À Toronto par exemple, où 32000 résidents ont le français comme langue maternelle (plus de 60000 si l’on inclut l’aire urbaine), le drapeau n’est pas déployé devant l’édifice municipal 365 jours par an. Les Franco-Torontois doivent le plus souvent attendre le 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens, pour le voir hisser dans la municipalité.

Et même si le francophile John Tory est à la barre de la Ville-Reine depuis décembre 2014, les militants francophones ne semblent pas pressés: «Ce n’est pas un dossier qu’on a voulu pousser jusqu’à maintenant», confie à #ONfr, Carline Zamar, présidente de l’ACFO-Toronto. «Ça serait quelque chose qui serait apprécié, un élément qui montre que l’on tient compte des francophones.»

Si le français ne fait pas partie des dix langues les plus parlées à Toronto, ce constat ne doit pas être un obstacle pour la responsable: «Il ne faut pas parler du français comme les autres langues. C’est une langue officielle du Canada.»

Pour les 120000 francophones de la Ville d’Ottawa, la présence du drapeau francophone devant l’édifice municipal demeure un acquis. Une situation identique à Sudbury depuis 2006. C’est d’ailleurs dans cette même municipalité du Nord, et plus précisément à l’Université Laurentienne, que l’emblème avait été déployé pour la première fois en 1975.

Dans les autres Ville du Nord de l’Ontario où les francophones restent concentrés, le drapeau franco-ontarien est globalement présent devant l’hôtel de ville. C’est le cas de Hearst, Kapuskasing, Temiskaming Shores ou encore Timmins. Une seule petite exception: North Bay.

«Le drapeau franco-ontarien flotte déjà au Parc Lee», souligne Michel Pagé, le président du Centre culturel les Compagnons des francs loisirs. De là à demander l’érection du symbole devant la municipalité? Vraisemblablement pas. Les Compagnons qui ont pris le relais de l’ACFO locale disparue en 2006 n’ont pas un mandat politique.

Le symbole vert et blanc est aussi éloigné de l’édifice municipal du côté de Cornwall – plus de 11000 francophones – dans l’Est ontarien. Il faut se rendre au Parc Lamoureux, lieu du Monument de la francophonie, pour le voir flotter.

Une situation correcte, mais sans plus pour la vice-présidente de l’ACFO de Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO-SDG), Georgette Sauvé: «Ce Monument de la francophonie est érigé sur un terrain de la Ville. Disons que c’est une reconnaissance. On ne serait pas contre que le drapeau flotte devant la municipalité, mais nous, les francophones, sommes souvent oubliés à Cornwall. C’est encore plus vrai depuis que Bob Kilger n’est plus le maire.»

 

Longue attente

D’autres villes ont souhaité récemment que le drapeau franco-ontarien flotte devant l’hôtel de ville. C’est ainsi le cas de Sault-Saint-Marie dont la demande a été approuvée avec succès. En dépit de relations très houleuses entre la communauté francophone et la municipalité au début des années 90, l’emblème est maintenant déployé devant la municipalité parmi les drapeaux internationaux… un peu plus loin que les drapeaux canadiens et ontariens.

Un projet semblable est aussi à l’étude du côté de Hamilton où la population francophone approche les 7000 résidents. Le drapeau franco-ontarien a été érigé récemment pendant un mois sur les deux cours de justice de la ville. «Il n y a actuellement pas de nouvelles sur le sujet», fait part Sébastien Skrobos, agent de développement pour l’ACFO Régionale-Hamilton, dans un échange de courriels avec #ONfr.

«Plus on est visible, plus ça aide à la communauté», résume le président de l’Assemblée de la francophone de l’Ontario (AFO), Denis Vaillancourt. «Quand on voit le drapeau franco-ontarien, ça indique une connaissance de la communauté qui est démontrée et qu’on peut penser, que quelque part dans la municipalité, il y a des services en français.»

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.