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Le député Emmanuel Dubourg appuie Black Lives Matter

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TORONTO – Emmanuel Dubourg, député fédéral et membre du gouvernement Trudeau, appuie les revendications du groupe Black Lives Matter. À l’occasion du Sommet des dirigeants politiques noirs qui se tient à Toronto, il a révélé avoir été lui-même victime de racisme à plusieurs reprises, notamment au sein de l’appareil gouvernemental.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Je me rappelle, chez mon ancien employeur, à l’agence du Revenu du Canada, j’ai vécu des situations avec des collègues et des supérieurs. Ils faisaient des commentaires», a confié le député de Viau à l’occasion d’un entretien avec #ONfr sur la question du racisme.

«Dans la vie courante, on rencontre ces situations-là. Au Canada, ce n’est pas exempt de tout racisme. Il y a place à amélioration», selon l’homme politique fédéral.

Au cours de sa carrière, certains commentaires de ses adversaires politiques l’ont aussi laissé songeur. «La joute politique, ça se joue à plusieurs niveaux. Je ne peux pas nécessairement relier ça au racisme, mais ce sont des choses qui arrivent. Ça peut être assez féroce», se contente-t-il de dire. M. Dubourg considère que le racisme systémique, notamment dans les institutions publiques, existe. «C’est présent», dit-il. Le gouvernement doit trouver des solutions pour que «tout le monde puisse contribuer à la société», ajoute-t-il.

Le Sommet des dirigeants politiques noirs est une occasion d’aborder franchement certaines de ces questions délicates, affirme le politicien. L’événement regroupe une douzaine d’élus noirs de partout au pays, qui représentent des bannières politiques différentes. «Nous pensons que les astres sont alignés pour une telle rencontre», souligne M. Dubourg.

Étienne Fortin-Gauthier, #ONfr

 

Le cas de Black Lives Matter

Depuis plusieurs mois, les questions raciales ont refait surface aux États-Unis, mais aussi au Canada. Emmanuel Dubourg dit appuyer les principales demandes du mouvement de protestation Black Lives Matter.

«Ils ont des revendications légitimes. C’est de voir l’aspect positif dans ces revendications. Je suis contre la violence, mais il faut s’assurer que tout le monde puisse évoluer normalement dans la société», tranche-t-il.

Le mouvement Black Lives Matter a été très visible au cours des derniers mois en Ontario. La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, a déjà rencontré certains membres de l’organisation lors d’une grande manifestation qui se déroulait devant Queen’s Park. Cette dernière affirme que la province doit en faire davantage pour bâtir une société plus juste.

 

De nombreux enjeux

Emmanuel Dubourg affirme que plusieurs questions qui touchent la communauté noire doivent obtenir plus d’attention. Des solutions doivent être trouvées pour des maladies qui touchent plus particulièrement les personnes noires, par exemple. Il cite le cas de l’anémie falciforme, une maladie du sang, qui affecte surtout la population noire et dont le nombre de cas augmente d’année en année.

D’autres problématiques doivent obtenir plus d’attention de la part des élus, selon lui. «Notamment, l’incarcération des noirs. Les noirs forment 3% de la population, mais ils sont surreprésentés dans les prisons. C’est quoi le problème? En éducation? Au niveau de l’emploi? Comment on peut aider, c’est ça l’important», dit-il.

Il s’agit du deuxième Sommet du genre au pays. Emmanuel Dubourg estime qu’il faut trouver un moyen pour que cette rencontre puisse influencer davantage le paysage politique. Il lance notamment l’idée de créer un «caucus noir» au Canada.

Le prochain Sommet des dirigeants politiques noirs se déroulera en 2017 au Québec.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.