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L’avenir de l’AFMO fortement menacé

Le président de l'Association française des municipalités de l'Ontario, Claude Bouffard. Crédit photo: Benjamin Vachet

SAINT-ISIDORE – L’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) se retrouve dans une situation financière précaire qui menace son avenir. Mais son président, Claude Bouffard, reste optimiste.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Nous sommes à la recherche de financement pour assurer la survie de l’organisme. La situation est précaire, le passé n’allait pas bien, le futur ne s’annonce pas meilleur», a lancé, sans détour, le Trésorier, Marc Chénier.

Réunis pour l’assemblée générale annuelle, le jeudi 21 septembre, les membres de l’AFMO ont principalement discuté de l’avenir précaire de l’organisme.

«Nous devons revoir nos façons de faire et être plus actifs auprès du cabinet des ministres», a plaidé le président, réélu par acclamation, Claude Bouffard.

L’AFMO enregistre un déficit comptable de 157 000 $, détaille M. Chénier à #ONfr.

«Nous n’avons jamais eu de fonds opérationnels. L’organisme repose sur des subventions aléatoires et aujourd’hui, nous ne recevons presque plus rien de la province. Nous traversons une crise de liquidités.»

L’AFMO a été créée en 1989 par Gisèle Lalonde, maire de la Ville de Vanier, afin de revendiquer le maintien et l’amélioration de la gouvernance et de la prestation des services municipaux en français et en anglais dans les régions de l’Ontario désignées en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario. L’organisme regroupe aujourd’hui 39 municipalités, majoritairement issues du Nord et de l’Est de la province.

 

Cure minceur

Pour poursuivre l’aventure, l’AFMO va devoir couper dans ses dépenses, explique M. Chénier. Pour ce faire, l’organisme porte-parole des municipalités francophones de l’Ontario adopte une cure minceur.

«Le nouveau conseil d’administration a dû prendre des décisions difficiles. Nous allons devoir nous départir de nos locaux sur le chemin Cyrville, à Ottawa, mais également de nos deux employées. L’AFMO va être gérée par le conseil d’administration au moins pour les trois prochains mois, avec un directeur général par intérim, René Beaulne, qui est aussi membre du conseil d’administration, et qui occupera ce poste bénévolement. On doit limiter les dépenses au maximum. À partir d’aujourd’hui, la structure est squelettique, on a juste gardé la tête!»

Le conseil d’administration se donne un an pour remettre l’AFMO sur les rails et ne prévoit par réembaucher d’employé de manière permanente pendant les deux prochaines années.

 

Des pistes de solution

Durant cette période, l’AFMO compte revoir sa mission. Et les discussions ont déjà commencé ce jeudi. Pour la maire de Fauquier-Strickland, dans le Nord de la province, Madeleine Tremblay, l’AFMO doit être plus visible.

«Les gens tiennent pour acquis qu’on existe, mais on doit mieux se faire voir auprès de toutes les municipalités.»

La conseillère municipale de La Nation, dans l’Est ontarien, Marie-Noëlle Lanthier, estime que l’AFMO doit réfléchir aux services qu’elle veut offrir.

«Il faut donner des avantages à ceux qui choisissent de se joindre à l’AFMO.»

Un avis que partage Stéphane Parisien, directeur général des Comtés unis de Prescott et Russell.

«Les municipalités ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. À un moment donné, elles se posent la question de savoir ce que l’AFMO leur apporte.»

Luc Morin, représentant des membres associés et directeur général du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) juge que l’AFMO doit commencer à mieux compter ses dépenses.

«Il faut arrêter d’être le père Noël et commencer à le dire que ça coûte cher de participer à certaines activités.»

Le maire de Hearst, Roger Sigouin, pense pour sa part qu’il serait profitable de revoir le mandat du président de l’AFMO, pour le porter à quatre ans au lieu de deux ans, afin de garantir une certaine continuité.

 

Le fédéral à la rescousse?

Invité à venir donner une courte allocution lors du congrès de l’AFMO, le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, assure que son gouvernement est prêt à étudier la situation.

Le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos. Crédit photo: Benjamin Vachet

«On est très fiers du travail que fait l’AFMO. La vitalité de la communauté franco-ontarienne est un modèle et une inspiration pour beaucoup d’autres communautés au Canada. On est conscient que l’AFMO a besoin de ressources pour bien faire son travail, je vais faire le lien avec ma collègue, la ministre (du Patrimoine canadien) Mélanie Joly pour m’assurer que le message est bien entendu.»

M. Duclos a indiqué qu’il travaillerait avec le député de Glengarry-Prescott-Russell et franco-ontarien, Francis Drouin, pour que le gouvernement fédéral s’assoie avec la province pour «répondre de manière concertée» aux défis que rencontre l’AFMO.

«L’AFMO va survivre, ce n’est pas une question!» – Claude Bouffard, président de l’AFMO

Le président réélu de l’AFMO, Claude Bouffard, se veut confiant que l’organisme surmontera ses difficultés et sera encore bel et bien présent pour le prochain congrès de Kirkland Lake, l’an prochain.

«On va travailler tous ensemble pour l’améliorer, mais on a entendu beaucoup de municipalités nous répéter l’importance que l’AFMO continue son travail.»

Nouveau conseil d’administration

L’assemblée générale de l’AFMO a été l’occasion de plusieurs élections au conseil d’administration. Outre le président sortant qui a été reconduit sans opposition, la vice-présidente de l’organisme et conseillère municipale de Moonbeam, Murielle Turcotte, a également été réélue par acclamation, tout comme le trésorier, Marc Chénier, l’un des représentants de la région de l’Est, René Beaulne, ainsi que le représentant des membres associés, Luc Morin.

Mais signe des difficultés de l’organisme, deux postes n’ont pu être comblés pour le Nord et le Sud de la province.

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.