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L’auteur et éditeur franco-ontarien, Jacques Flamand, est décédé

L'auteur Jacques Flamand. Crédit image: montage Étienne Fortin-Gauthier

OTTAWA – Un monument de la littérature franco-ontarienne, Jacques Flamand, est décédé à l’âge de 82 ans.  Il a fait briller la francophonie ontarienne par sa plume, mais également son engagement pour la faire connaître, notamment en participant à créer l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) et les Éditions du Vermillon.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Jacques Flamand est originaire de la région d’Auvergne, en France. Il débutera ses études dans sa patrie natale pour ensuite faire le saut à l’Université d’Ottawa. Au début de la trentaine, il s’établit en Ontario. Il touche à l’enseignement, à la révision de texte et à la traduction, notamment au Conseil des arts du Canada. Au milieu des années 80, il va se consacrer à faire rayonner la littérature francophone à l’occasion du premier Festival du livre d’Ottawa.

La «Francophonie coule dans les veines» de Jacques Flamand, disait-on. Avec sa compagne de vie, Monique Bertoli, il a fondé les Éditions du Vermillon, dont il a été directeur littéraire et président. Les livres qu’il a publiés à titre d’éditeur l’ont été sans jamais faire de profits. La diffusion de la culture franco-ontarienne était au cœur des préoccupations de ce Franco-Ontarien d’adoption.

«Homme de conviction, il a toujours défendu les causes de la francophonie. Son indépendance d’esprit l’a amené à prendre des positions progressistes en faveur de la langue française dans le secteur de l’édition», a écrit sa conjointe Monique Bertoli, directrice générale des Éditions du Vermillon, dans une déclaration envoyée à la presse.

Jacques Flamand a été récipiendaire de nombreux prix, notamment celui du Consulat général de France, celui de la Fondation Trillium et de l’Académie de Mâcon, en France, notamment. Il est membre de l’Ordre de l’Ontario depuis 2010, la distinction officielle la plus prestigieuse de la province, qui reconnaît le plus haut niveau d’excellence individuelle et de réalisation dans tous les domaines.

 

Le monde littéraire reconnaissant

Il a publié des centaines d’ouvrages au cours des dernières décennies jouant un rôle primordial dans la vie de nombreux auteurs franco-ontariens. L’une d’elle, Lisette Brochu, a tenu à lui rendre hommage.

«Jacques est devenu un ami. Il m’a donné des ailes, il m’a encouragé. Il m’a aidé à perfectionner mon art. Il était très exigeant. Sur le coup, ça pouvait faire mal, mais on grandissait beaucoup. Chaque virgule comptait. Il était un modèle et un excellent directeur littéraire. Il prenait le temps de nous aider à améliorer nos ouvrages, c’était un beau cadeau», a-t-elle indiqué lorsque jointe par #ONfr.


«Il se considérait Franco-Ontarien. Il disait: «ça fait assez longtemps que je suis ici, j’ai le droit d’avoir ce titre!». Il avait raison: il a tellement fait pour le monde littéraire franco-ontarien.» – Lisette Brochu 


Il ne faudrait pas oublier l’oeuvre de Jacques Flamand, insiste-t-elle. «Dans son dernier livre, Les Larmes de la guerre, il était inquiet de la situation dans le monde. La mort l’a toujours habité. Parfois, sa poésie était lourde, mais il cherchait la lumière dans tout cela. C’était un homme qui cherchait à creuser un sujet et à aller plus loin. Il faisait aussi de magnifiques parallèles entre la nature et la poésie», ajoute Mme Brochu, qui a pu compter sur lui pour l’édition d’une vingtaine d’ouvrages.

Les hommages sont nombreux à la suite de cette perte. Dans la communauté littéraire franco-ontarienne, plusieurs l’ont fréquenté de près ou de loin au cours des dernières décennies.

«Jacques, c’est un penseur, c’est un poète, c’est un philosophe. Il est devenu éditeur et il était détaché du monde. Il était aussi détaché des biens. Je pense qu’il voulait ainsi prendre le temps de réfléchir et de penser à ce qu’il allait écrire. Il était soigné. Il écrivait tout à la main, sans machine à écrire ou à l’ordinateur», a confié Paul-François Sylvestre, très actif dans le milieu de l’édition.

«Jacques Flamand, nous vous remercions et nous vous témoignons notre gratitude la plus profonde pour votre contribution à l’édification du milieu littéraire franco-ontarien», a pour sa part souligné Éric Charlebois, actuel président de l’AAOF.

En 2012, il avait lu en public, l’une de ses oeuvres primées. Voyez en vidéo un extrait de cette prestation.

Les renseignements concernant les funérailles de M. Flamand seront communiqués dans les prochains jours.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.