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L’AFO plaide pour le «réflexe franco» au fédéral

OTTAWA – Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Denis Vaillancourt, a plaidé, mardi 4 octobre, devant le comité permanent des langues officielles, pour que le gouvernement fédéral intègre une des formules qui lui est chère, le «réflexe franco».

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Le comité permanent des langues officielles mettait à l’honneur la communauté franco-ontarienne, mardi 4 octobre. Au moment d’étudier la Feuille de route pour les langues officielles 2013-2018 et l’immigration francophone à l’extérieur du Québec, les élus avaient choisi d’entendre l’organisme porte-parole de la plus grande communauté francophone au Canada, à l’extérieur du Québec, l’AFO, ainsi que le Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE Ontario).

Devant les députés, le président de l’AFO, Denis Vaillancourt, a plaidé pour que le gouvernement fédéral intègre le «réflexe franco» dans son prochain plan d’action et dans sa stratégie d’immigration francophone.

«Dès que le gouvernement fédéral fait quelque chose, qu’il prend une décision, il ne devrait jamais présumer que tout le monde parle l’anglais. De plus, il devrait systématiquement faire de l’offre active. Le fédéral a un rôle de modèle pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire et ses actions influencent les provinces.»

Parmi ces actions, la Feuille de route pour les langues officielles doit servir de levier, selon M. Vaillancourt.

«La Feuille de route pour les langues officielles est un formidable levier qui incite, ensuite, les provinces à faire leur part (…) Nous avons perdu plusieurs centres culturels en Ontario et il est donc urgent que l’enveloppe soit indexée, mais aussi bonifiée et que le financement devienne pluriannuel afin d’éviter que nos organismes ne passent leur temps à faire des demandes de financement», a illustré le président de l’AFO, au micro d’#ONfr.

 

Par et pour les francophones

En matière d’immigration, M. Vaillancourt a également plaidé pour qu’une plus grande place soit accordée aux organismes francophones spécialisés en immigration, citant le travail de La Passerelle-I.D.É, à Toronto, et du Conseil Économique et Social d’Ottawa Carleton (CÉSOC), à Ottawa. Selon le président de l’AFO, le gouvernement fédéral doit travailler avec les provinces et les groupes communautaires sur ce dossier.

«Nous avons l’expertise et le gouvernement pourrait s’en servir en finançant les groupes communautaires qui aident à l’accueil et à l’intégration des nouveaux arrivants en français.  Il n’est pas normal qu’aujourd’hui encore, cela prend 18 mois pour un francophone qui arrive à Pearson pour savoir qu’il y a une communauté francophone à Toronto! Trop souvent, les agents de recrutement et d’accueil d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ne communiquent pas les services offerts par les organismes francophones de l’Ontario aux nouveaux arrivants, ce qui amène l’immigrant à se tourner vers des groupes de la majorité anglophone.»

Alors que le gouvernement fédéral peine à atteindre sa cible de 4,4% d’immigration francophone d’ici 2023, la directrice Employabilité et Immigration du RDÉE Ontario, Valérie Sniadoch, explique que sur le terrain il y a pourtant une demande pour de l’immigration francophone à l’extérieur du Québec.

«Aujourd’hui, il y a 2 500 nouveaux postes bilingues à combler en Ontario. Il y a donc un énorme potentiel pour les francophones et un grand intérêt pour l’Ontario quand on se rend à l’étranger. Mais le défi, c’est d’assurer la rétention de ces personnes dans nos communautés et au Canada. Ce qui est sûr, c’est que si elles sont bien aiguillées, ces personnes-là ne veulent pas repartir et s’intègrent.»

 

Une image bilingue à valoriser

Même si l’éventuelle adhésion de la province à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pourrait aider l’Ontario à faire connaître sa communauté francophone à l’extérieur du pays, l’AFO compte aussi sur le gouvernement de Justin Trudeau pour revoir sa stratégie à l’international afin d’attirer de nouveaux arrivants francophones à l’extérieur du Québec.

«Le Canada à l’étranger doit présenter l’image d’un pays bilingue et ne pas seulement reléguer la question des francophones et de l’immigration francophone au Québec», argumente-t-il, et ce alors que la communauté franco-ontarienne a plus que jamais besoin d’immigrants, poursuit-il. «Le poids démographique en baisse des Franco-Ontariens est vu comme l’un des cinq plus grands défis de l’Ontario au cours des cinq à dix prochaines années. Le recrutement, l’accueil, l’inclusion et l’intégration et la rétention d’immigrants francophones sont essentiels pour contrer ce phénomène.»

Alors que l’AFO travaille actuellement sur un Livre blanc sur l’immigration qui devrait être publié au printemps 2017, le dossier est jugé suffisamment d’importance, selon M. Vaillancourt, pour qu’il soit intégré à la prochaine Feuille de route pour les langues officielles.

«Avant, il y avait des fonds qui étaient identifiés dans la Feuille de route pour les langues officielles pour l’immigration. Dans le dernier plan présenté par James Moore, cet argent-là avait été transféré au ministère de l’Immigration. Le problème, c’est qu’après ça, on a perdu la trace de ce qui était fait avec cet argent. Les énergies consacrées à l’immigration devraient être imputées à la feuille de route et visibles en tout temps pour en assurer la reddition de compte.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.