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La SANB prête à tourner la page

La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) tiendra son AGA le 23 octobre. Facebook SANB

MONCTON – Enfoncée dans une crise il y a plus d’un an, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) se relève peu à peu. Selon un sondage rendu public mercredi 28 septembre, l’organisme a reçu l’appui de la population de la province quant à sa restructuration. Un signal qui doit lui permettre de tourner la page et de passer à l’action, selon le président par intérim, Philippe Beaulieu.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

L’organisme porte-parole des communautés francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick a mené cet été un sondage en ligne sur les recommandations faites par un comité présidé par l’ancien ministre libérale de la Justice et de l’Éducation, Bernard Richard.

En juin 2015, une crise avait explosé à la SANB. Plusieurs membres du Forum de concertation des organismes acadiens contestaient le leadership de la présidente de la SANB de l’époque, Jeanne d’Arc Gaudet. Six membres du conseil d’administration de la SANB avaient fini par démissionner afin de montrer leur opposition.

Le comité sur la gouvernance de la SANB avait reçu le mandat de sortir la SANB de l’impasse en revoyant son mode de fonctionnement. Afin de valider ses conclusions, le sondage en ligne a permis de recueillir le point de vue de plus de 346 personnes, dont 52% de membres de la SANB. Un nombre de participants qui peut paraître limité, mais qui satisfait le président par intérim, M. Beaulieu.

«Ce qui est intéressant, c’est que des gens de tout le Nouveau-Brunswick ont participé. C’est sûr que nous n’avons pas fait ce sondage au meilleur moment, en été, mais on ne voulait pas attendre pour laisser ensuite le temps à la population de lire le rapport et d’y réfléchir.»

À l’issue de l’exercice, 76% des répondants considèrent que la SANB doit continuer à exister, 68% sont d’avis que l’organisme se doit d’être le porte-parole de la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick et 84% des personnes interrogées jugent que la population acadienne et francophone a besoin d’un porte-parole. Les répondants souhaitent également majoritairement que la SANB intervienne plus dans l’espace public et mobilise davantage la population acadienne.

Éric Forgues, chercheur à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, et co-auteur de la consultation. (Photo: SANB)
Éric Forgues, chercheur à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, et co-auteur de la consultation. (Crédit photo: SANB)

«Nous voulions un plus grand son de cloche et c’est la raison pour laquelle nous avons jugé nécessaire de faire ce sondage. Cela va alimenter la réflexion et ça nous permet de voir que nous sommes sur la bonne voie. Un consensus se dessine.»

 

Conclusion le 23 octobre

Les discussions sur la nouvelle gouvernance de la SANB s’achèveront le 22 octobre prochain, à la veille de l’assemblée générale annuelle, par l’intermédiaire d’une ultime journée de réflexion.

Il y sera notamment question de la taille optimale du conseil d’administration que le comité proposait de ramener à 12 personnes, mais que les citoyens interrogés voient plutôt à neuf personnes élues par les membres de la SANB plutôt que par suffrage universel.

«Cette dernière journée de réflexion servira à revoir et à peaufiner si nécessaire les recommandations du conseil d’administration», explique le président par intérim qui se dit confiant pour l’avenir. «Je pense que nous sommes sur la bonne voie! Dès que je suis entré en poste, j’ai dit que la crise était finie. Je voulais qu’on se penche sur l’avenir et c’est désormais ce que nous faisons.»

Les quelque 1400 membres de la SANB seront amenés à voter sur cette question lors de l’AGA à Bathurst. Ils devront également choisir un ou une successeure à M. Beaulieu qui ne briguera pas le mandat de président.

«Je suis déjà président de l’Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick et je ne crois pas que ce soit sain de porter deux chapeaux. De nouveaux visages sont venus s’investir au sein de la SANB ces derniers mois, nous avons un nouveau directeur général, Ali Chaisson, qui va apporter ses idées et une nouvelle dynamique… Je pense qu’il faut laisser la place à une nouvelle génération.»

La passation de pouvoir serait en marche puisque la SANB a déjà enregistré la candidature d’un jeune prétendant en la personne de l’ancien président de la Fédération des étudiants et étudiantes de l’Université de Moncton (FÉÉCUM), Kevin Arseneau.

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.