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La garderie Tunney obtient un sursis

La garderie bilingue Tunney est installée dans les locaux de Statistique Canada. Benjamin Vachet

OTTAWA – Menacée de fermeture en raison d’un différend financier avec le gouvernement fédéral, la Garderie Tunney’s Daycare (GTD) restera ouverte au moins jusqu’en 2019.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

En mai dernier, le conseil d’administration de la GTD avait lancé un cri d’alarme afin que le gouvernement fédéral gèle le loyer qui devait lui être imposé à compter du 1er juillet 2016 et qui menaçait, selon le président du conseil d’administration, Olivier Marois, la survie de l’établissement bilingue, en fonction depuis 28 ans. Autrefois subventionnée par Statistique Canada et ne payant aucun loyer, la GTD s’était vue imposer un loyer de 82000$ par an en 2014, qui devait passer à 150000$ à compter du 1er juillet.

Interrogé par #ONfr, M. Marois jugeait alors la situation préoccupante, notamment pour les francophones de l’ouest d’Ottawa dont certains bénéficient des services de la garderie. Il envisageait la fermeture de la garderie dès 2017 si le gouvernement fédéral n’intervenait pas pour geler l’augmentation de loyer.

«Dans l’ouest d’Ottawa, il y a peu de services en français. La Garderie Tunney aide à alimenter un foyer francophone et permet à des parents anglophones d’exposer leurs enfants à la langue française. La garderie joue un rôle très important pour les francophones!», expliquait-il.

Deux mois plus tard, le conseil d’administration a annoncé, mardi 5 juillet, par voie de communiqué, que le gouvernement fédéral a trouvé une solution pour assurer la survie de l’institution jusqu’au 31 mars 2019. L’augmentation de loyer du 1er juillet sera totalement compensée par une subvention versée jusqu’en 2019, permettant ainsi de garder le même loyer pour l’organisme sans but lucratif.

«Depuis en mai, nous avons eu des échanges avec les représentants du ministère des Services publics et de l’Approvisionnement qui nous avaient dit travailler sur une solution. Aujourd’hui, nous sommes contents pour les parents et soulagés pour la garderie», commente M. Marois à #ONfr.

 

Des changements à apporter

Le président du conseil d’administration est toutefois conscient qu’il ne s’agit que d’un sursis.

«C’est sûr qu’on peut s’inquiéter que le problème ne ressurgisse en 2019, mais nous avons acheté du temps pour explorer des changements qui pourraient être apportés à la programmation de la Garderie, pour augmenter ses revenus et garantir sa soutenabilité.»

Le conseil d’administration réfléchit notamment à l’opportunité de mener des travaux pour agrandir la capacité d’accueil d’enfants, ce qui passerait par une demande de subvention de la Ville d’Ottawa et par des autorisations à obtenir auprès de la province de l’Ontario.

«Nous allons aussi regarder si nous n’aurions pas intérêt à déménager dans d’autres locaux. Ce sera au conseil d’administration de regarder ça car je ne serai sûrement plus là à ce moment-là.»

M. Marois se dit toutefois confiant qu’à l’approche des élections fédérales de 2019, le gouvernement libéral ne voudra sans doute pas envoyer un message contradictoire par rapport à ses engagements en matière de petite enfance.

«Le gouvernement dit vouloir investir dans la petite enfance, il y aura donc peut-être même des possibilités de ressources supplémentaires de ce côté-là aussi.»

Située sur le complexe du Pré Tunney, dans l’édifice de Statistique Canada, sur la rue Parkdale, GTD offre des services de garde à la petite enfance bilingues à 49 enfants. Actuellement, l’institution emploie 15 employés bilingues à temps plein et 3 employés à temps partiel.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d’un baccalauréat en Administration économique et sociale et d’une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.