#Ontario

La démission de Glenn Thibeault de nouveau exigée

Glenn Thibeault a été élu député provincial de Sudbury lors d’une partielle, le 5 février 2015. Archives, #ONfr

TORONTO – La pression monte sur Glenn Thibeault, éclaboussé par le «Sudburygate». Les deux partis d’opposition ont, une fois de plus, exigé la démission du ministre de l’Énergie et député de Sudbury. Le principal intéressé refuse de considérer la chose.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Dès le début de la période de questions, l’opposition a torpillé le gouvernement Wynne. Son refus de démettre Glenn Thibeault de ses fonctions est inacceptable, selon le chef de l’opposition officielle, Patrick Brown.

«Si ce gouvernement ne veut pas être un mauvais exemple, pourquoi ne pas exiger le retrait du ministre de l’Énergie? Il y a un nuage éthique que tout le monde peut voir, sauf les libéraux!», a lancé M. Brown. «Il faut mettre fin aux jeux politiques et à la diversion», a-t-il ajouté.

La vice-première ministre, Deb Matthews, a répliqué en attaquant le Parti progressiste-conservateur, refusant de répondre aux questions de l’opposition.

«Glenn Thibeault est un ministre exceptionnel. Il est un membre qui illustre à la perfection le service public. C’est une personne exceptionnelle», a-t-elle affirmé.

Insatisfaits de ses réponses, les membres de l’opposition officielle ont signifié leur insatisfaction en frappant vigoureusement sur leurs bureaux.

Malgré la colère de l’opposition, le procureur général de l’Ontario, Yasir Naqvi, a renchéri. «C’est un dossier devant le tribunal et nous n’avons pas à nous prononcer dans la chambre. Personne au sein de cette chambre fait face à des accusations», a affirmé le procureur général.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD), insatisfait des réponses du gouvernement, a poursuivi dans la même lignée. «Peut-il faire la chose honorable dans de telles circonstances et…démissionner», a demandé Jagmeet Singh. Inébranlable, la vice-première ministre a de nouveau vanté les compétences du ministre de l’Énergie libéral.

Les attaques de l’opposition ont été alimentées par les déclarations faites la veille par le procureur de la Couronne fédérale, Vern Brewer. Il a pris la parole à Sudbury en marge des procédures mettant en cause Gerry Laugheed et Pat Sorbara. M. Brewer a affirmé que Glenn Thibeault aurait «cherché à obtenir certains bénéfices» afin d’être candidat lors de l’élection partielle de Sudbury en 2015. M. Brewer a alors affirmé qu’il est illégal d’offrir une contre-partie, mais pas nécessairement d’en recevoir une.

Des propos qui ont provoqué une réaction forte de Glenn Thibeault et de son avocat, qui n’écartent pas la possibilité d’une poursuite en lien avec ces propos. Mardi, devant les médias, Glenn Thibeault a fondu en larmes et a tenu à s’expliquer. Il refuse de quitter ses fonctions.

Son avocat avait quelques heures plus tôt envoyé une déclaration aux médias: «Ces commentaires sont faux. M. Thibeault n’a jamais cherché à obtenir et ne s’est jamais fait offrir une contre-partie», a soutenu Ian Smith.

«Le procureur a décidé de faire ses déclarations à l’extérieur de la Cour devant les journalistes plutôt que de respecter les règles», a-t-il ajouté. M. Smith affirme que la réputation de M. Thibeault est entachée par ces propos, même s’il n’y a aucune accusation contre son client. «Je réitère que M. Thibeault n’a rien fait de mal», dit Ian Smith.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.