#Francophonie, #Ontario

La cible ambitieuse de Glendon pour recruter des francophones

TORONTO – Cinquante, le chiffre est actuellement sur toutes les lèvres au Collège Glendon. Le campus bilingue affilié à l’Université York célèbre ce mois-ci ses cinquante ans. Pour la direction, atteindre les 50% d’étudiants francophone reste un objectif.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

«C’est une cible possible à long terme», croit son recteur, Donald Ipperciel. «Le recrutement d’étudiants francophones reste notre plus grand défi.»

Entre 17% et 20% de francophones composeraient les 2 700 étudiants scolarisés de l’université torontoise.

«Il y a un problème de programmes. Il faut qu’on ait de bons programmes, mais il y a aussi un problème de visibilité, les gens ne nous connaissent pas toujours.»

Le chiffre proche des 20% cache pourtant un mieux. «Il y a aujourd’hui plus de programmes en français et de francophones sur le campus», confirme l’historien Serge Dupuis, spécialiste des questions postsecondaires.

«C’est toujours difficile de comparer Glendon à l’Université d’Ottawa (environ 30% de proportion de francophones) et l’Université Laurentienne (environ 17%).  Glendon a une situation différente. Il est à pleine capacité et aurait du mal à attirer plus d’étudiants, qu’ils soient francophones ou anglophones»

Et de poursuivre: «La cible de 50% serait une amélioration, mais la totalité des programmes sont bilingues, ce qui requiert de devoir maîtriser deux langues en même temps.»

L’appréciation de «bilinguisme» de M. Dupuis sous-entend qu’il est impossible d’étudier uniquement en français au Collège Glendon, hormis pour les programmes d’études en français.

M. Ipperciel précise que les élèves ont le droit de choisir le programme dans la langue de leur choix, mais que deux cours doivent obligatoirement être pris dans l’autre langue.

Une expérience partagée par Éric Desrochers. Aujourd’hui étudiant à l’Université d’Ottawa, le jeune homme a passé quatre ans à Glendon pour compléter un baccalauréat de sciences politiques. «Oui, il faut choisir des cours offerts en anglais. J’ai été obligé de choisir ces cours en anglais, alors que j’aurais préféré étudier seulement en français.»

 

Progrès

Derrière l’absence de programmes, deux événements récents ont contribué à redorer l’identité francophone de Glendon. L’enveloppe provinciale de 16,5 millions de dollars distribuée en 2013 pour le Centre-Sud-Ouest a permis de débloquer cinq programmes pour l’université torontoise.

En mars dernier, la désignation partielle de l’établissement en vertu de la Loi sur les services en français (Loi 8), a assuré, selon la direction, «la protection du  financement des programmes de langue française et confirme l’engagement de York, par le biais de Glendon, à développer ces programmes».

Mais ces jalons importants doivent être nuancés, selon M. Desrochers: «La vie étudiante est surtout en anglais. Quant aux services alimentaires, qui sont assurés par des entreprises sous-traitantes, ils sont aussi donnés en anglais.»

La venue éventuelle d’une université franco-ontarienne à Toronto pourrait aussi bousculer quelque peu les habitudes du Collège Glendon. Le projet n’effraye en tout cas pas M. Ipperciel: «Ça pourrait être un allié supplémentaire, mais il faudrait développer un principe de différenciation et de complémentarité afin de ne pas offrir deux programmes similaires.»

Ouvert officiellement le 30 septembre 1966, le Collège était à la base destiné à former une cohorte de fonctionnaires et de diplomates.

Il demeure depuis le seul centre universitaire bilingue de Toronto.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.