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«Je veux être un bon modèle», affirme Rochelle Squires

WINNIPEG – Sa nomination il y a 18 mois à titre de ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba avait semé la controverse. Unilingue anglophone, Rochelle Squires ne partait pas forcément avec des points d’avance. Si elle manquera ce jeudi soir l’Assemblée générale de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), la ministre a depuis rassuré.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

«Aujourd’hui, je parle un peu le français, et je prends des cours de français à l’Université de Saint-Boniface», soutient Mme Squires, dans la langue de Molière. Au moment de la rencontrer dans les couloirs de l’Assemblée législative du Manitoba, son niveau de français reste tout de même trop faible pour mener toute l’entrevue dans cette langue.

«Je suis ravie de continuer à apprendre. J’essaye toujours d’être un bon modèle pour les Manitobains qui ne sont pas entièrement bilingues ou qui sont timides avec le français», affirme celle qui est aussi la députée de Riel, une circonscription à forte proportion francophone.

L’autre atout dont a bénéficié Mme Squires, c’est sans doute le vote de la Loi sur les services en français (Loi 5) par son gouvernement progressiste-conservateur le 30 juin 2016. Un jalon important pour les 42 000 Franco-Manitobains que n’avait pas pu réaliser le précédent gouvernement néo-démocrate.

 

Loi 5: «il était temps»

«Quand nous avons été élu en avril 2016, ça a toujours été un projet du gouvernement de donner une reconnaissance à la communauté franco-manitobaine. Le premier projet que j’ai présenté à l’Assemblée législative a été la Loi 5 (…) C’était le bon pas à  faire pour aller de l’avant avec cette législation. Il était temps.»

Des consultations ont débuté au cours de l’été pour une révision en profondeur de cette même politique sur les services en français. La nouvelle loi oblige désormais à revoir la politique sur les services en français tous les cinq ans.

«Mon objectif est que la communauté francophone conserve les outils pour évoluer et qu’ils atteignent les buts qu’ils souhaitent.»

 

Cible d’immigration non atteinte

Le Manitoba s’est à cet égard doté d’une cible de 7 % d’immigrants francophones. Mais depuis dix ans, la province est dans l’incapacité de dépasser les 4 %, malgré une augmentation du nombre de nouveaux arrivants en valeur absolue.

«Les cibles sont toujours une bonne initiative pour atteindre les buts», relativise Mme Squires. «Si vous regardez la nouvelle définition de la francophonie, nous sommes en train de nous rapprocher de cette cible.»

Et de poursuivre: «La Manitoba a toujours été un leader en termes d’immigration francophone et comme province. On continuera à être des leaders; on améliore la communauté avec de l’immigration du Cameroun et du Sénégal. Nous avons toujours de nouveaux visages parmi les membres de la communauté, c’est pourquoi nous améliorons la définition d’être francophone.»

Toujours est-il que l’immigration demeure du ressort fédéral, puisque c’est ce palier qui choisit en grande partie les immigrants. Interrogée sur ces relations avec le gouvernement libéral pour les enjeux francophones, Mme Squires joue la carte du rassemblement.

«Lorsqu’il s’agit des langues officielles, ce n’est pas un enjeu partisan, et je peux travailler avec n’importe qui, qui fait la promotion des langues officielles, et à cet égard, j’ai une excellente relation avec Mme Joly (ministre du Patrimoine canadien).»

En plus du portefeuille des Affaires francophone, Mme Squires est aussi en charge du Développement durable depuis le mois d’août. Elle occupait auparavant les fonctions de ministre du Sport, de la Culture et du Patrimoine.

 

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.