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Immigration: l’Ontario ira faire sa promotion au Maroc et en Algérie

Selon Statistique Canada, l'immigration francophone au Canada hors Québec atteint 2,6 %. Archives #ONfr

TORONTO – La province mettra sur pied un Destination Ontario au Maroc et en Algérie l’an prochain, a annoncé la ministre des Affaires civiques et de l’Immigration, Laura Albanese, dans le cadre de la signature de la nouvelle entente Canada-Ontario sur l’immigration (ACOI), vendredi 24 novembre.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Toutefois, ceux qui espéraient plus d’informations concernant l’annexe francophone incluse dans l’ACOI resteront sur leur appétit. Les détails doivent encore à finaliser, a indiqué la ministre Albanese. Une annonce complète aura lieu au début de 2018, a-t-elle dit lors de la conférence de presse.

Mme Albanese a néanmoins annoncé que plus d’efforts seront faits pour la promotion de l’Ontario sur la scène internationale. Une demande faite par la communauté francophone depuis de nombreuses années.

«Nous allons travailler plus agressivement pour faire la promotion du Canada et de l’Ontario comme une destination», a-t-elle assuré.


«Nous planifions un Destination Ontario au début de l’an prochain, spécifiquement au Maroc et en Algérie.» – Laura Albanese


Dans le cadre du nouvel ACOI, le gouvernement fédéral et la province de l’Ontario se sont entendus pour partager davantage d’informations afin de mieux cibler les immigrants francophones.

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, et la ministre ontarienne des Affaires civiques et de l’Immigration, Laura Albanese. Crédit image: Jean-François Morissette

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté fédéral, Ahmed Hussen, a souligné l’importance du partage d’information entre les deux juridictions.

«Il y a beaucoup de communautés prêtes à accueillir des immigrants francophones, mais ceux qui sont choisis ne sont pas nécessairement dirigés vers ces communautés», a-t-il déploré.


«Il faut que le gouvernement fédéral puisse partager cette information avec l’Ontario pour que la province soit en mesure de faire le lien entre les communautés et les immigrants francophones.» – Ahmed Hussen


M. Hussen a concédé que plus doit être fait pour permettre d’atteindre les cibles d’immigrants francophones.

 

Il faut un «Destination Ontario francophone»

Léonie Tchatat, présidente de l’organisme La Passerelle Intégration et Développement économique, avoue être restée sur son appétit sur les détails de l’annexe francophone. Elle salue toutefois la création d’un programme Destination Ontario et espère qu’il sera aligné sur la langue de Molière.

«Ça pourrait être Destination Ontario francophone», a nuancé Mme Tchatat.

Selon elle, il est important que ce soit la communauté francophone qui fasse cette représentation afin de bien expliquer les atouts de l’Ontario français.

«Il est important de souligner que les communautés et les collectivités francophones veulent se faire connaître à l’échelle internationale et que l’on veut accueillir plus d’immigrants», a-t-elle ajouté.

Mme Tchatat croit que l’ajout d’une annexe est déjà une avancée en soi et répond à l’une des demandes de la communauté francophone. Elle demande toutefois que des fonds spécifiques aux francophones y soient ajoutés afin de faciliter l’intégration des nouveaux arrivants.

 

Des efforts faits pour atteindre les cibles, assure le fédéral

Le ministre Hussen a assuré que les mesures annoncées dans les derniers mois par le gouvernement fédéral, notamment l’ajout d’une dimension francophone au programme Entrée Express, donneront un coup de pouce pour atteindre cibles fixées par les différents paliers de gouvernement.

La cible canadienne en matière d’immigration francophone est de 4,4 %, tandis que la cible ontarienne est établie à 5 %.

«Nous ne voulons pas seulement atteindre les cibles, mais bien les dépasser», a martelé le ministre Hussen.

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, et la ministre ontarienne des Affaires civiques et de l’Immigration, Laura Albanese. Crédit image: Jean-François Morissette

«Nous ne pouvons pas atteindre notre cible de 5 % si le gouvernement fédéral n’atteint pas sa propre cible», a pour sa part indiqué Mme Albanese.

Cette dernière a souligné que la simple présence d’un annexe spécifique aux francophones est un pas important en avant.

 

L’AFO veut des détails

Par communiqué, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) dit accueillir avec prudence l’Accord Canada-Ontario sur l’immigration. L’organisme qui défend les Franco-Ontariens indique qu’il aurait souhaité que l’annexe francophone soit adoptée en même temps et trouve «dommage de constater qu’encore une fois, les enjeux francophones sont laissés à une date ultérieure».
«L’annexe francophone doit, entre autres, servir de base à une stratégie de recrutement et d’intégration des immigrants d’expression française beaucoup plus forte», ajoute l’AFO.
«La vitalité de notre communauté en contexte minoritaire dépend grandement de l’immigration francophone. Si les gouvernements avaient atteint leurs cibles depuis 2012, la baisse de notre poids démographique aurait été très faible. Il est temps que l’Ontario et le Canada adoptent des politiques qui démontrent explicitement leur volonté à recruter et à accepter un plus grand nombre de personnes parlant le français», a déclaré Carol Jolin, président de l’AFO.

L’Accord Canada-Ontario en matière d’immigration est arrivé à échéance en 2011.

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
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