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Hudak larguerait 100 000 fonctionnaires

«Notre gouvernement croît plus rapidement que nous pouvons nous le permettre», a scandé le chef progressiste-conservateur Tim Hudak lors d’une séance de discussion ouverte à Barrie, le 9 mai. (Photo: Twitter)

TORONTO – Pour que l’économie de l’Ontario soit assez forte pour soutenir 1 million de nouveaux emplois d’ici 2022, il faut nécessairement équilibrer le budget de la province d’ici 2016 et… sabrer 100 000 emplois dans la fonction publique, estime le chef progressiste-conservateur Tim Hudak.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

«Notre gouvernement croît plus rapidement que nous pouvons nous le permettre», a scandé M. Hudak lors d’une séance de discussion ouverte à Barrie, au nord de Toronto, le vendredi 9 mai. «Nous dépensons, de plus en plus, l’argent que nous n’avons pas. Et nous accumulons une énorme dette».

Pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2016, soit deux ans plus vite que prévu, les progressistes-conservateurs projettent d’abolir 100 000 emplois dans la fonction publique provinciale et de réduire de 27 à 16 le nombre de ministres au sein du gouvernement.

Tous les ministères, à l’exception du ministère de la Santé et des Soins de longue durée, devraient revoir leurs budgets de fonctionnement à la baisse.

Les employés de l’État qui conserveraient leur poste, de même que les élus, écoperaient d’un gel des salaires de deux ans.

«Plus le gouvernement dépense, plus nous allons demeurer longtemps dans ce marasme économique et plus nous allons perdre des emplois», a insisté M. Hudak, accusant au passage le gouvernement libéral sortant d’avoir fait doubler la dette de la province depuis une décennie.

Les progressistes-conservateurs promettent 1 million de nouveaux emplois d’ici 2022 s’ils forment le prochain gouvernement à Queen’s Park. De ce nombre, près du quart seraient des emplois d’apprentis dans des métiers spécialisés.

Impôts «compétitifs»

Les libéraux de Kathleen Wynne ont rétorqué que la meilleure façon de créer des emplois est de miser sur la formation postsecondaire et de maintenir un taux d’imposition «compétitif» pour les sociétés.

«Nous devons collaborer avec tous nos partenaires du secteur postsecondaire, du monde des affaires et de l’industrie pour être compétitifs sur la scène internationale», a déclaré Mme Wynne, en tournée dans l’Est ontarien, le 9 mai. «Le Parti PC (…) et le NPD sont encore dans le bloc de départ, réticents ou incapables de reconnaître que nous vivons dans un environnement où la concurrence s’exerce à l’échelle mondiale», a-t-elle décoché à ses adversaires.

Les libéraux promettent d’investir 2,5 milliards $ sur dix ans pour attirer de nouvelles entreprises et créer des emplois en Ontario.

Secteur manufacturier

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) propose, pour sa part, des crédits d’impôts pour les entreprises dans le secteur manufacturier qui investissent dans des bâtiments, de la machinerie et de l’équipement en Ontario.

De tels crédits d’impôts auraient pour but d’attirer plus d’investissements manufacturiers dans la province et «créer plus d’emplois bien rémunérés», a souligné la chef néo-démocrate Andrea Horwath, de passage dans la région de Windsor, le 9 mai.

Le NPD propose aussi des crédits d’impôts «ciblés», qui récompenseraient les entreprises créatrices d’emplois. Ces entreprises recevraient un crédit d’impôt qui paierait 10% du salaire de leurs nouveaux employés, et ce, jusqu’à une valeur maximale de 5000 $ par employé.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org