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Enseignants du secondaire : malgré une entente, la menace de grève plane toujours

Archives, #ONfr.

TORONTO – L’entente de principe conclue pendant la nuit entre la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) et le gouvernement n’empêchera pas nécessairement le déclenchement de grèves par ces mêmes enseignants dans certaines régions de la province.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

La FEESO, qui représente plus de 60 000 travailleurs dans le secteur de l’éducation publique dans la province, a confirmé, jeudi 20 août, s’être entendue avec le gouvernement. Les détails de l’entente survenue au cours des dernières heures n’ont pas été révélés. Selon les informations qui ont filtré, la taille des salles de classe a été au cœur des discussions. Une légère augmentation de salaire a pu être obtenue par les syndiqués, malgré le contexte budgétaire actuel de la province, selon certains médias.

L’entente de principe de jeudi s’inscrit dans un nouveau processus de négociations, où un accord provincial doit se marier à un accord au niveau local. Et là, rien n’est joué. Les unités syndicales locales doivent négocier avec les conseils scolaires sur d’autres questions qui ne concernent pas les membres dans leur ensemble.

«La seule chose qu’on a réglé, ce sont les questions touchants les enseignants au niveau provincial. Il reste les conventions collectives locales pour les enseignants, et centrales et locales pour le personnel de soutien. La grève centrale est évitée, mais les grèves locales ne le sont pas», affirme Pierre Côté, secrétaire général de la FEESO, qui a passé la nuit à la table des négociations.

La menace de grève aurait pesé lourd dans la balance au cours des dernières heures, selon M. Côté, qui a vu le gouvernement changer d’attitude et faire preuve d’ouverture aux demandes syndicales.

Reste à voir si les négociations avec les conseils scolaires seront aussi influencées par la possibilité de moyens de pression. «Il est vraisemblable de penser qu’il y aura des problèmes dans certains secteurs», laisse tomber Pierre Côté.

«Il reste des enjeux importants aux tables locales, comme les congés syndicaux et la santé et la sécurité au travail. Dans certains coins, ce sont des énormes questions», a-t-il indiqué à #ONfr.

Le président du syndicat, Paul Elliott, a indiqué en matinée que les négociations avaient été «très stressantes» et qu’encore beaucoup de travail restait à faire au niveau local. «Aucune entente n’a été signée localement pour l’instant», a-t-il confirmé, lors d’un point de presse à Ottawa.

 

Autres négociations

L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), l’association qui représente les enseignants des écoles catholiques anglophones (Ontario Catholic Teachers’ Association) et la Fédération des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) n’ont toujours pas d’entente avec le gouvernement. Les deux premières doivent retourner à la table des négociations en journée, alors que la dernière ne reprendra les pourparlers que le 1er septembre.

La ministre de l’éducation, Liz Sandals, a indiqué, jeudi, que les négociations avaient été ardues pour l’ensemble des parties. «Nous continuons de négocier avec les autres enseignants et les autres syndiqués du domaine de l’éducation», a-t-elle indiqué.

Les présidents et négociateurs en chef de la FEESO vont se prononcer sur l’entente de principe, vendredi. Les autres membres devraient voter en septembre.

 

 

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.