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Des excuses mais aussi des gestes concrets, dit Patrick Brown

Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown. Archives #ONfr /span>

TORONTO – Les francophones de l’Ontario méritent des excuses du gouvernement pour le Règlement XVII qui a interdit l’usage de la langue française aux écoles élémentaires pendant une quinzaine d’années au début du XXe siècle. Mais ces excuses doivent être accompagnées de gestes concrets pour promouvoir le fait français dans la province, estime le chef progressiste-conservateur Patrick Brown.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

«S’il y a un vote sur une résolution (d’excuses), je vais l’appuyer», a fait savoir M. Brown à #ONfr. «Il y a eu une erreur dans le passé et c’est important de reconnaître cette erreur», a-t-il ajouté. «Mais je pense que ce que la communauté veut vraiment, ce sont des gestes concrets pour améliorer les services en français ici en Ontario.»

Le chef de l’opposition à Queen’s Park rappelle qu’il a été le premier chef d’un parti provincial à appuyer publiquement un projet d’université franco-ontarienne, et à questionner en français le gouvernement à ce sujet au parlement.

Le député libéral Glenn Thibeault a demandé des excuses officielles de l’Ontario pour le Règlement XVII et les torts qu’il a causés à la minorité de langue française, le 7 décembre. Il est temps que la province reconnaisse sa faute et montre le sérieux de son engagement envers la culture et l’identité franco-ontarienne, selon l’élu de Sudbury, qui dit agir au nom de la communauté francophone de sa circonscription.

Le Règlement XVII adopté en 1912 par le gouvernement conservateur de James Whitney a mené à l’époque à l’assimilation de nombreux jeunes de langue française. Le décret controversé a aussi été à l’origine d’un mouvement de résistance sans précédent chez les Franco-Ontariens. Il n’a plus été appliqué à partir de 1927 avant d’être révoqué en 1944.

 

Détourner l’attention

Même s’il juge que des excuses sont nécessaires plus d’un siècle après les faits, le progressiste-conservateur Patrick Brown voit tout de même dans la démarche de Glenn Thibeault une tentative de détourner l’attention du scandale entourant son élection en tant que député libéral de Sudbury, début février.

«Quand les gens pensent à Glenn Thibeault, ils pensent au scandale de son élection et à l’enquête criminelle qui a suivi. C’est typique de ce gouvernement, quand il y a des problèmes, de répondre par des distractions», a fustigé M. Brown en français à #ONfr. «J’espère que M. Thibeault n’utilise pas la communauté francophone comme une distraction.»

Fin septembre, la Police provinciale de l’Ontario a déposé une accusation de trafic d’influence et une autre d’incitation à commettre un geste illégal contre Gerry Lougheed Jr, par rapport à une élection partielle sept mois plus tôt à Sudbury. L’organisateur libéral a été cité à procès pour avoir fait miroiter une offre d’«emploi ou une nomination» à un ex-candidat de sa formation, Andrew Olivier, pour que celui-ci cède sa place à Glenn Thibeault, un transfuge néo-démocrate plus connu.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org