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De fortes demandes francophones au Centre d’information juridique d’Ottawa

Andrée-Anne Martel, directrice générale de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO). Archives

OTTAWA – Les Franco-Ontariens ont un véritable besoin de comprendre l’information judiciaire dans leur langue. C’est le bilan du Centre d’information juridique d’Ottawa qui célébrait, jeudi 21 janvier, le premier anniversaire de son lancement.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Et pour l’occasion, le centre bilingue destiné à offrir des services gratuits et confidentiels aux résidents de la région d’Ottawa et ses environs, a dévoilé les chiffres de sa première année de fonctionnement.

Sur les quelque 1200 demandes de service reçues depuis janvier 2015, environ 30% sont provenues directement de Franco-Ontariens. Un chiffre à première vue surprenant quand on sait que la province compte moins de 5% de francophones.

«On ne s’attendait pas à une proportion si forte. On a clairement surpassé notre cible», précise  Andrée-Anne Martel, directrice générale de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO), l’organisme qui chapeaute directement le Centre.

Une clé de la forte demande réside justement là, puisque le Centre d’information occupe directement les locaux de l’AJEFO, au centre-ville d’Ottawa.

Quatre employés de l’association francophone, dont deux avocats, sont d’ailleurs dédiés quotidiennement au bon déroulement du centre. Une aide sous la forme d’un entretien d’une demi-heure sur place ou téléphonique.

Surtout, il y aurait tout simplement une «très forte demande» des francophones pour comprendre le jargon juridique dans leur langue maternelle, explique Me Martel. Des explications particulièrement souhaitées pour le droit familial ou encore les testaments.

«Nous sommes là pour simplifier le vocabulaire juridique, bien souvent difficile à comprendre.»

 

Bureau satellite dans le nord

Le succès est tel que l’AJEFO envisage même la création de bureaux satellites pour le Centre d’information juridique, modèle unique en Ontario.

«Devant les fortes demandes de francophones, on prévoit de construire le prochain bureau satellite dans le nord de l’Ontario», laisse entendre Me Martel, affirmant au passage qu’aucune ville n’avait encore été choisie.

Trois autres Centres d’informations juridiques ont été récemment lancés en Nouvelle-Écosse, dans la Saskatchewan, et en Alberta. Un autre devrait prochainement ouvrir ses portes dans le Manitoba.

Comme à Ottawa, tous sont financés grâce à l’argent de la Feuille de route pour les langues officielles du Canada 2013-2018.

Théoriquement, le Centre d’Ottawa devrait rester en place «au moins pour les trois prochaines années», mais l’AJEFO m’exclut pas d’obtenir d’autres sources de financements au niveau provincial pour pérenniser le lieu.

Invitée de marque des célébrations du premier anniversaire, la juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin, n’a pas manqué de rappeler l’importance du centre. «Il donne des indications où aller au niveau de la justice à des gens ordinaires.»

Pour François Baril, président de l’AJEFO, l’intérêt est aussi financier: «Le Centre d’information juridique d’Ottawa désengorge les ressources spécialisées existantes et réduit les coûts et les délais liés à l’appareil judiciaire.»

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.