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«Bonjour/Hi!»: des Ontariens réclament son utilisation

Drapeau ontarien avec la mention «bonjour-hi»

TORONTO – Si l’expression «Bonjour, Hi!» fait scandale au Québec, des intervenants souhaitent la voir utilisée de manière plus répandue en Ontario. Une chroniqueuse torontoise propose qu’elle fasse partie du discours, tout comme des leaders franco-torontois qui estiment qu’il s’agit d’une des pièces angulaires du concept d’«offre active».  

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Je pense que l’Ontario serait le lieu le mieux indiqué pour le Bonjour/Hi. Oui, l’Ontario est majoritairement anglophone, c’est une réalité qu’on ne doit pas occulter. Mais si on veut se positionner, nous devons lutter pour que le Bonjour accompagne le Hi», lance Constant Ouapo, le président de l’Association canadienne-française de l’Ontario à Toronto (ACFO-Toronto).

L’organisme qu’il dirige est le «chien de garde» des quelque 125 000 francophones et francophiles du Grand Toronto. «Au Canada, il y a deux langues officielles. L’anglais et le français. Les deux langues sont équivalentes, alors pourquoi on a des services en anglais partout, mais qu’en français, il faut lutter pour les avoir dans tous les secteurs d’activités», s’attriste-t-il.

Constant Ouapo, président de l’ACFO-Toronto. Crédit image: Raphaël Lopoukhine.

Pas de doute, le contexte en Ontario est bien différent de celui du Québec, admet M. Ouapo. Mais en Ontario, la formule a sa place, croit-il. Il se dit un fervent défenseur du concept de l’offre active, où l’on invite notamment les organisations à accueillir de manière bilingue les citoyens. L’expression «bonjour/hi» est l’une des recommandations faites aux organismes ontariens qui veulent offrir un environnement accueillant aux 622 000 Franco-Ontariens.

«Dans le milieu de la santé, quand je suis malade, j’arrive à quelque part et je ne suis pas à l’aise en anglais. Si on m’accueille en me disant bonjour/hi, au moins je peux savoir que des services en français sont disponibles. Si je n’entends pas le bonjour, je peux être intimidé et me dire que si je demande des services en français, on va se moquer de moi», explique M. Ouapo.

 

Des politiciens ouverts à l’idée

Le président de L’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO), Claude Bouffard, souhaite entendre plus de français à la grandeur de la province. «Il faut faire du marketing pour promouvoir l’accueil bilingue en Ontario. Même à Toronto où il y a plus de francophones qu’on se l’imagine. C’est une marque de politesse considérant que nous sommes dans un pays bilingue», lance-t-il.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) mène depuis quelques mois une campagne pour que l’expression Bonjour/Welcome soit davantage utilisée par les entreprises.

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde. Crédit image: Maxime Delaquis

Le maire de Hearst, Roger Sigouin, salue cette initiative. «Je comprends les Québécois. Il faut protéger notre langue. Dans notre cas, de dire bonjour/hi serait une avancée en Ontario. Si les anglophones veulent nous respecter, il faudrait qu’il soit utilisé. J’y crois au bonjour/hi, cependant pour l’instant j’ai d’autres batailles à gagner, notamment au niveau économique», fait savoir le maire de la municipalité nordique.

La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Marie-France Lalonde, se dit sensible à cette volonté. «Le fait d’engager le bonjour laisse savoir qu’il y a une possibilité de parler français», s’est-elle exclamée. Questionnée à savoir si le gouvernement ontarien pourrait mener une campagne publicitaire en ce sens, la ministre Lalonde est restée plutôt vague. Elle a plutôt rappelé que le gouvernement ontarien était déjà engagé en faveur de l’offre active, comme c’est le cas au Palais de justice d’Ottawa et au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

L’appel d’une chroniqueuse torontoise

Le titre de la Une du quotidien Métro du lundi 4 décembre ne laissait pas de doutes: «Bonjour, hi, Canada!». La chroniqueuse Vicky Mochama a écrit un long terme sur le scandale québécois. Plutôt que de s’attaquer au Québec, elle a invité les citoyens ontariens et canadiens à adopter la formule.

«On parle beaucoup du bilinguisme, mais on peut évoluer dans plusieurs régions du pays sans jamais entendre le français», écrit-elle. Si son texte compte plusieurs portions humoristiques, elle rappelle que le français recule dans plusieurs régions du pays. «Le minimum que l’on puisse faire pour calmer 200 ans de conflit est de permettre aux gens de se sentir confortable lorsqu’ils visitent (un commerce) dans un centre commercial», dit-elle.

 

Article écrit avec la collaboration de Jean-François Morissette 

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.