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Aide sociale: nouveau contrat pour le concepteur de SAMS

L’Ontario avait confié à IBM le contrat de développer le nouveau système informatisé de traitement des chèques d’aide sociale et des prestations aux personnes handicapées. Pixabay

TORONTO – Les nombreux ratés du nouveau système informatisé d’envoi des chèques d’aide sociale de l’Ontario n’ont apparemment pas érodé la confiance du gouvernement dans son concepteur IBM, le géant mondial de l’informatique ayant reçu un nouveau contrat de 32 millions $ de la province pour faire l’entretien du même programme.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

L’Ontario avait confié à IBM le contrat de développer le nouveau système informatisé de traitement des chèques d’aide sociale et des prestations aux personnes handicapées, communément appelé SAMS, au coût initial de 242 millions $.

Or, les pépins techniques de SAMS auraient pu pénaliser jusqu’à 36000 prestataires de l’aide sociale à travers la province, selon le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO). Certains prestataires n’ont reçu pendant plusieurs mois au début de 2015 qu’une fraction de leur allocation habituelle.

Certains ménages auraient reçu un chèque d’aussi peu que 1,70$ alors que leur prestation mensuelle d’aide sociale est habituellement de 170$.

Un rapport de la firme comptable PricewaterhouseCoopers (PwC) a plus tard confirmé que les problèmes du nouveau système informatique SAMS avaient complètement «bouleversé» les employés de première ligne responsables d’émettre les chèques d’aide sociale.

La facture de SAMS a bondi subséquemment d’environ 50 millions $ pour atteindre 294 millions $ à la fin de 2015.

Qu’à cela ne tienne, Queen’s Park a accordé, début avril, un nouveau contrat de 32 millions $ à IBM pour faire l’entretien du système informatisé de traitement des chèques d’aide sociale.

«Tous les grands systèmes informatiques ont besoin d’un contrat (d’entretien) comme celui-ci. Ce contrat a été octroyé à la suite d’un processus d’appel d’offres juste et équitable et c’est IBM qui remporté le concours», s’est défendue Helena Jaczek, la ministre responsable de l’aide sociale, lundi 2 mai. «Ce n’était pas un processus politique.»

 

Aucune sanction

Le gouvernement n’aurait par ailleurs imposé aucune sanction à IBM après la livraison d’un système dysfonctionnel.

«C’est un fiasco de plusieurs millions de dollars», a pesté le chef progressiste-conservateur Patrick Brown à sa sortie de la Législature. «Ce nouveau contrat de 32 millions $ nous démontre que le gouvernement est bien conscient qu’il s’agit d’un fiasco. Je crois qu’un acte de contrition serait approprié. Mais comme d’habitude, ce gouvernement est incapable d’admettre qu’il a fait une erreur. Il préfère continuer à gaspiller l’argent des contribuables.»

«Ce système n’était pas prêt. Mais le gouvernement s’est entêté à vouloir le déployer malgré tous les pépins techniques. Ça nous a coûté des millions de dollars pour les corriger», a rappelé la chef néo-démocrate Andrea Horwath. «Les gens les plus vulnérables de notre province ont subi les contrecoups de cette décision. Et les employés du secteur public ont vécu un stress immense à essayer de faire fonctionner ce système qui ne fonctionnait pas.»

Du côté du SEFPO, qui avait sonné l’alarme par rapport à SAMS bien avant son lancement qui avait même déposé une injonction pour forcer le gouvernement à mettre un frein à l’implantation du système, ce nouveau contrat à IBM dépasse la mesure. «Ça aurait dû être couvert par la garantie», a réagi le président du syndicat Warren Thomas, dit «Smokey», dans un reportage de la CBC.

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François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org