TIRE LE COYOTE - Panorama

On a connu Benoit Pinette alias Tire le coyote en 2009 avec la parution d’un premier EP éponyme. Deux ans plus tard, suivait son album intitulé Le fleuve en huile. Le disque Mitan (2013), sur lequel apparaît la charmante Chantal Archambault, est sans contredit celui qui a placé le jeune homme sur le radar de bien des gens. Ce disque lui a d'ailleurs valu deux nominations à l'ADISQ et un prix au GAMIQ. Après un album live en 2014, Tire le coyote débute l’année en nous proposant Panorama, une offrande musicale fort agréable qui s’écoute avec autant de plaisir que d’émotion.

À la fenêtre part joliment le bal avec une montée instrumentale élégante. Rapidement, on plonge dans Ma révolution tranquille, une pièce au blues senti, où la guitare (style slide guitar) se fait langoureuse et sensuelle. Jolie Anne est probablement l’une des plus touchantes chansons de l’album alors que Moisonneuse-batteuse et L’encan donnent envie de faire un tour de char, cheveux aux vents. On passe du country au blues, de la ballade à la pièce sautillante et joyeuse, même si tout est teinté d’une douce mélancolie. Il est doué pour passer l’émotion et chaque morceau se savoure tantôt avec plaisir, tantôt la larme à l’oeil. Et votre humble journaliste est bien heureuse de retrouver sur cet album un instrument dont elle a joué jadis et qui est trop souvent oublié : la clarinette. On apprécie ce son chaud tant dans la pièce d’intro que sur la petite improvisation de Ma filante.

Qu’il ait choisi le nom Tire le coyote n’est pas anodin. Sa voix, singulière, sonne comme un animal écorché dont le chant nous procure des frissons. On ne craint pas la bête, on a plutôt de l’empathie pour elle et une envie certaine de réagir à sa complainte écorchée (mais jamais plaignarde). Dans cette même voix, on pourra entendre quelques similitudes avec un Nicolas Ciccone, mais ici s’arrête TOUTE comparaison. Là où l’Italo-Québécois nous fatigue longtemps (pour ma part, je suis incapable de supporter sa musique), Pinette nous touche et nous émeut. Vous pensez entendre un peu de Neil Young? Le musicien en est fan et ça s’entend beaucoup dans sa musique. Sans copier le géant, il s’en inspire et en tire une version personnelle fort sensible.

Sa musique nous fera également penser à Avec Pas d’Casque, particulièrement au niveau des paroles des chansons. Des phrases comme « Laisse-moi mettre de l'espoir dans ta tinque à méfiance » ou encore « Ton cœur est un si beau pays, donne-moi ma carte de résidence » nous rappellent la qualité des textes du groupe en question. C’est donc sans surprise qu’on réalise que Stéphane Lafleur vient justement faire son tour pour lui écrire quelques lignes, ce qui donne la pièce intitulée Les chemins de serviettes. Une collaboration qui tombe sous le sens.

Le lancement de Panorama se passe le 27 janvier prochain à La Quincaillerie et le 28 au Café Babylone à Québec. Sinon, notez qu’il sera de passage au La Tulipe le 16 avril prochain.   Un album à mettre dans toutes les oreilles, surtout celles qui cherchent du beau.