The Barr Brothers - Sleeping Operator

Trois ans se sont déjà écoulés depuis la parution du premier album éponyme de la formation montréalaise The Barr Brothers. C’est que les frères Andrew et Brad Barr, ainsi que leurs équipiers, la harpiste Sarah Pagé et le bassiste, claviériste et percussionniste Andrés Vial, ont eu beaucoup de succès. Ils ont ainsi voyagé et promené leur musique d’un bout à l’autre du Canada et en Europe.

Ils sont donc de retour avec Sleeping Operator un album tout aussi puissant, sinon plus, que leur premier opus. Toujours très près de l’indie-folk, on sent quelques influences américaines qui teintent leur œuvre de blues et de cajun. On peut penser notamment à Valhallas et son côté americana, ainsi que le petit côté western-indie sur Even The Darkness Has Arms et sur ma pièce préférée, Half Crazy. La formation reste tout de même fidèle à son style, c’est-à-dire des chansons riches musicalement et d’une poésie mélodique (England). On retrouve la harpe, plus assurée et toujours délicate, ainsi que la voix douce et familière de Brad Barr.

On ne doit pas passer sous silence l’apport de plusieurs collaborateurs très talentueux qui ont participé à ce nouvel album. Notons le musicien Richard Reed Parry d’Arcade Fire; quelques membres du groupe Patrick Watson; Laurel Sprengelmeyer de Little Scream; Miles Perkin, Katie Moore, Joe Grass, Pietro Amato de The Luyas; et Bassekou Kouyate qui ajoute des sonorités sud-africaines sur Little Lover avec du n’goni (un instrument à cordes). J’en oublie surement. Il faut dire que le groupe a écrit et composé plus d’une quarantaine de chansons avant d’en sélectionner seulement treize.

Le succès des Barr Brother tient peut-être du fait qu’ils arrivent à créer des pistes intimistes dans lesquelles on peut se perdre allègrement ou se retrouver au détour d’un mot, d’un accord, d’une émotion qu’ils réussissent à transmettre. Ils nous parlent au creux de l’oreille, d’amour, de désir, de voyage et de liberté. Avec eux, on se sent chez soi, en famille.