Guillaume Arsenault - Oasis station-service

Guillaume Arsenault nous offre un quatrième album original et pour le moins… inusité! Originaire de Bonaventure en Gaspésie, l’auteur-compositeur-interprète s’attaque cette fois-ci à une musique plus américaine à saveur de grand désert et de tex-mex.

Oasis Station-Service débute avec Le Pic Du Brulé, une pièce titre instrumentale qu’on confondrait avec la trame sonore de The Good, The Bad and The Ugly. Trompette, guitare acoustique, sifflement, tambour d’Indiens,  chœur de fin du monde, on sent la chevauchée endiablée, les Mexicains qui annoncent la fin d’une ère, et c’est le début de l’album, en fait.  Un album réfléchi, un roadtrip dans le désert des solitudes, dans une Amérique froide. Je Pars Au Combat annonce le début des hostilités. Espace et horizon deviennent alors primordiaux : «Parcourir tout le décor, car vivre ne suffit pas ». On sent dans Oasis Station-Service le folk qui se marie au western, un non-lieu, où cowboys, canyons, Apaches, feu de camp et cactus se côtoient. À l'écoute, on évoque: un Ennio Morricone qui semble avoir trouvé un air de jeunesse, sa fougue et son panache; le duo Armistice un tantinet moins pop et fluet; et beaucoup de Maricachi El Bronx. 

Malgré ses influences, on entend toujours les Séguin, Friori et Rivard planer au-dessus des pièces. Ce n’est pas seulement sur le plan de la musique où l’auteur réussit son coup. Plus parolier que chanteur, Guillaume Arsenault débarque avec une prose simple, mais qui sert superbement son travail artistique. Il n’a pas peur de faire languir, d’étirer la sauce; Robotango, cinquième piste de l’opus le prouve, car elle est également instrumental. On développe la sonorité, on l’enrichit et l’explore dans ce décor tex-mex, riche et qui se réchauffe. Puis on continue la course, lente, solitaire en développant toujours sur des thématiques entre deux mondes perdus, des photos sépia, un ciel étoilé, un feu de camp qui meurt.

Une dernière fois, on réitère avec L’ombre Des Cactus, instrumentale, voyageuse. On peut se lasser de la figure de style, mais elle est si bien travaillée et honnête qu’on se voit obliger de féliciter le travail, admirable et remarquable.

Mentions à la magnifique chanson Détorde les Boyaux et Shed, en session acoustique, qui démontre que cet album vivra encore mieux en spectacle.