Barrasso - Des X, des crois, des pointillés

La formation montréalaise, francophone et heavy-dans-le-tapis Barrasso (avec deux r et deux s) a lancé le 16 juin dernier un premier album sous l’étiquette Music Mansion Records. Celui-ci sera célébré en spectacle à Montréal le 10 juillet prochain au Turbo Haus. Intitulé Des X, des croix, des pointillés, le disque décape autant qu’il fait danser (dans le sens punk du terme).

Musique et vestiaire

L’histoire de la formation est intimement liée au sport, puisque c’est dans un vestiaire d’aréna qu’elle est née. Le guitariste Étienne Beaupré, le guitariste Thierry Bourgault D’Amico et le batteur Francis Paquette s’y rencontrent et décident de former un groupe. Ensuite, c’est sur un terrain de balle molle qu’ils rencontrent Jonathan Beauregard, un chanteur et musicien qui a joué au sein de Dirty Tricks et Suck la marde. Se joint rapidement à eux le bassiste Louis-Simon Bastien.

Le punk rock old school en français du groupe est déchiré, sale, exutoire et tout à fait DIY. En effet, le premier long jeu de la troupe, un trente minutes bien solide et bien tassé en 10 chansons de 1 minute 30 à 4 minutes, a été écrit, composé, réalisé et enregistré par Barrasso.

À fond dans le tapis

L’album commence avec le rock qui défonce de la pièce Coup de dés. La batterie est forte et infatigable, la guitare effrénée, la basse solide et la voix criarde. Ça ne démord pas sur la piste suivante. On a droit à un mélange de Galaxie, Oktoplut, Hot Snakes et Groovy Advaark. Bien que joué très fort et possiblement garroché dans ta face, on sent l’expérience et le talent qui transpirent des musiciens, qui doivent également suer à grosses gouttes lors d’un spectacle, tellement il y a de l’énergie déployée sur cet opus.

La voix est forte, rauque, à la fois chantée, enragée et criarde, avec des mélodies accrocheuses, rappelant les bons vieux punks francophones qui s’adonnaient au rock lourd. La piste 7028 est particulièrement réussie avec son amalgame percutant de guitares électriques très riches. On headbang facilement sur la piste. Suit une autre belle offrande : Nokolaye qui est franchement bien réussie sur le plan de la voix et des paroles. Ça me rappelle légèrement Les Vulgaires Machins avec, bien entendu, un son plus rentre-dedans et musclé. Notamment sur la pièce MMCPVDC : « Tout détruire / Toute d’une traite / Tout démolir / Le mal est fait! ».

Manoir Cujo est plutôt différente du lot, avec une trame instrumentale moins lourde et forte, mais avec une intensité particulière et franchement bienvenue. Ça illustre la diversité sonore de Barrasso. Puis, on finit comme on a commencé : en force! C’est Murs en carton qui termine l’opus. Une chanson abrasive et nerveuse, avec cymbales, distorsion et guitares frénétiques. Franchement bien dosé, le 30 minutes passé en compagnie de Barrasso passe comme une comète. Accrocheur, intense et très rock.